Origine et histoire de l'Église Notre-Dame
L'église Notre‑Dame‑de‑l'Assomption se situe à Gaillon‑sur‑Montcient (Yvelines) ; elle est de confession catholique paroissiale, dépend aujourd'hui du secteur pastoral de la rive droite de la Seine et a été classée monument historique par arrêté du 27 janvier 1934. La fondation du village et la présence d'une communauté monastique sont attribuées au XIIe siècle ; la construction de l'édifice se déroule en plusieurs campagnes entre le XIIe et le XIIIe siècle, les auteurs évoquant des phases romanes anciennes puis un important réaménagement gothique à l'est. Le plan témoigne de cette évolution : une tour‑clocher ancienne occupe la croisée du transept, à laquelle se raccorde une nef à vaisseau unique de deux travées, et un chevet plat tripartite achève l'ensemble ; le chœur, bordé de deux collatéraux, correspond à la reconstruction gothique qui succède à un chevet antérieur. Des traces de décors peints subsistent dans les combles du chœur et du bas‑côté sud. La silhouette de l'église est compacte du fait du clocher roman en grande partie noyé dans les combles, mais dominée par une flèche de pierre octogonale cantonnée de quatre petits clochetons coniques. La nef, de faible volume et dépourvue de bas‑côtés, est voûtée d'ogives dès la fin de la période romane ; elle sert aujourd'hui de vestibule et de chapelle baptismale et conserve un appareil régulier en pierre de taille ainsi qu'un portail nord à triple archivolte. La base du clocher, voûtée d'ogives et marquée par un arc triomphal en tiers‑point, présente des profils de nervures et des chapiteaux pour la plupart inspirés de l'ordre corinthien ou sculptés de feuilles d'acanthe, tandis que quelques chapiteaux portent des feuilles plates ou des motifs polylobés. Les croisillons du transept, de plan allongé nord‑sud, ont conservé des formerets toriques et des raccords provisoires vers les collatéraux, qui se font par de courtes sections voûtées en berceau ; la lecture des supports révèle plusieurs interventions et reprises entre les XIIe et XIIIe siècles. Le chœur, formé de deux travées, se caractérise par des voûtes flamboyantes très basses remontant au premier XVIe siècle, qui ont remplacé des voûtes hautes antérieures ; il conserve néanmoins un ancien niveau de fenêtres hautes au‑dessus des voûtes actuelles et une composition extérieure riche, notamment la superposition exceptionnelle de deux triplets au chevet. Les grandes arcades et la modénature intérieure reflètent l'évolution des styles ; les ogives du XVIe siècle, les clés de voûte ornées et certaines sculptures évoquent des inspirations Renaissance et flamboyantes, tandis que les collatéraux nord et sud, construits autour de 1210–1230, présentent des proportions soignées, des lancettes intactes et des clés de voûte sculptées antérieures au XVIe siècle. À l'extérieur, l'église est irrégulièrement orientée et son accès principal se fait par la façade nord donnant sur la place de la Mairie ; le chevet et la façade méridionale sont partiellement masqués par l'urbanisme et les propriétés voisines, alors que l'élévation septentrionale est dégagée. Le clocher, dont l'étage de beffroi n'apparaît nettement que du côté ouest, conserve des éléments archaïques de facture romane et une flèche octogonale gothique établie sur trompes à l'intérieur et cantonnée de cônes extérieurs. Le mobilier compte des pièces remarquables inscrites ou classées : les fonts baptismaux en pierre calcaire du XIIe siècle, en forme de navette et décorés de cordons ornés, sont classés depuis novembre 1908 ; la Vierge à l'Enfant polychrome, attribuée à la première moitié du XVIe siècle et tenant une étoile singulière, est classée depuis juillet 1912 ; la cloche en bronze, d'époque moderne, est classée depuis avril 1944. D'autres statues et éléments de retable signalent la diversité du décor liturgique, parmi lesquels une Sainte‑Marie‑Madeleine, un retable dédié à saint Roch avec les statues de saint Roch et sainte Barbe, et une statuette de saint Jean‑Baptiste dans une piscine liturgique gothique. L'intérieur est particulièrement intéressant pour ses voûtes d'ogives romanes dans la nef et la base du clocher, qui montrent deux approches architecturales proches des années 1130–1140, ainsi que pour la conception du chœur gothique dont les grandes arcades débutent sur des piliers libres dans l'attente d'une reconstruction vers l'ouest. Enfin, l'église a servi de décor au tournage de Maigret et l'Affaire Saint‑Fiacre en 1959, où l'on reconnaît notamment le portail principal nord et certains éléments du mobilier.