Église Notre-Dame de Gouberville à Gouberville dans la Manche

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise

Église Notre-Dame de Gouberville

  • 3 Le Bas de la Rue
  • 50330 Vicq-sur-Mer
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Église Notre-Dame de Gouberville
Crédit photo : Xfigpower - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Construction initiale
1780
Achèvement du clocher
XIXe siècle
Restauration et aménagements
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise (cad. B 67) : inscription par arrêté du 7 avril 1975

Personnages clés

Godefroy de Gouberville Seigneur et patron de l'église au XIIIe siècle.
Guillaume de Gouberville Seigneur et patron de l'église au XIVe siècle.
Jean Deny Curé ayant dirigé d'importants travaux de restauration à la fin du XVIIe siècle.
Antoine Bon Nicolas Lescellière de Néville Responsable de la construction de la coupole du clocher en 1780.

Origine et histoire de l'Église Notre-Dame

L'église Notre‑Dame de Gouberville est un édifice catholique de la première moitié du XIIIe siècle, remanié à diverses époques, situé sur le territoire de l'ancienne commune de Gouberville, aujourd'hui dans la commune nouvelle de Vicq‑sur‑Mer (Manche, Normandie), et inscrit au titre des monuments historiques. Elle occupe une position isolée au bord de la route départementale 116 qui traverse l'ancien village.

Le droit de présentation appartenait au seigneur de la paroisse : le Livre noir (1251‑1274) mentionne Godefroy de Gouberville comme patron et donne des renseignements sur les revenus de la cure, qui comprenaient un manoir, environ trois vergées de terre en aumône, des quantités de froment, du pain, des poules et des œufs, la cure valant alors 54 livres. Le Livre blanc (1347‑1370) cite Guillaume de Gouberville comme patron ; à cette époque le recteur percevait toutes les dîmes, avait un presbytère et touchait une rente de 40 sous, l'église étant taxée 54 livres.

Plusieurs curés se succèdent ensuite dans les sources : Nichole de Gouberville est cité en 1360, Simon de Couvert apparaît à partir de 1407, puis André (ou Andrieu) Picot ; Jehan Picot, seigneur temporel de Russy et d'autres lieux, obtint la cure mais la gouverna par son vicaire Jehan Michel, décédé le 11 septembre 1560. Gaspard Troude prit possession du bénéfice le 22 août 1561. Les archives citent ensuite Michel Tardif au début du XVIIe siècle, puis Jacques Lefaut, ensépulturé au chœur en 1634, puis Noël Caubrière, Étienne Benoit (1658), les frères Noël et Jean Dallet, puis messire François Marie de Crosville qui administra la paroisse jusqu'en 1682.

Jean Deny, installé en 1683, trouva l'église en mauvais état et dirigea d'importants travaux : porte de chêne à la tour, construction d'une sacristie, fermeture du sanctuaire, refonte et augmentation de la cloche, installation de contretables, d'une chaire, la décoration du grand autel, la confection de bancs et la fermeture du chœur par une grille. Après sa mort en 1703, Jean Vastel lui succéda, puis Nicolas Le Poittevin poursuivit les réparations et améliorations du presbytère et de l'église au XVIIIe siècle, en particulier la construction de la sacristie, le lambris, le blanchiment de la nef, la réfection de la couverture et l'enceinte du cimetière, travaux dont les coûts sont indiqués dans les archives.

Antoine Bon Nicolas Lescellière de Néville employa les fonds restants pour remettre en état le presbytère et fit construire en 1780 une coupole en pierre sur la tour, terminant ainsi un clocher resté inachevé depuis le XIIIe siècle ; il fit aussi peindre les lambris de la nef et refaire la charpente en chêne. La Révolution entraîna la suppression de la cure et son annexion à Néville, des persécutions religieuses et le saccage de l'église : argenterie confisquée, meubles vendus et presbytère aliéné, avant des restitutions et la réouverture du culte après la Terreur.

Au XIXe siècle, après le concordat, la desserte de Gouberville évolua et plusieurs prêtres se succédèrent ; en 1822 un menuisier de Valcanville, Aubin, construisit une tribune et réalisa le maître‑autel qui fut ensuite doré par Lerouge, et d'autres réparations et aménagements furent réalisés au cours du siècle. Divers curés du XIXe siècle sont mentionnés dans les sources, jusqu'à Clément Branthôme, nommé en juillet 1889.

De l'édifice primitif subsistent le pignon ouest avec le portail, les trois fenêtres du chevet et une ouverture à la base de la tour, attribuées par M. du Moncel à la construction d'origine ; les murs latéraux du XIIIe siècle ont été percés au milieu du XIXe siècle pour recevoir des fenêtres plus grandes. Le clocher, une puissante tour du XIIIe siècle, est coiffé d'une coupole polygonale en pierre élevée en 1780, et la voûte du chœur a été refaite en 1876‑1877 dans le style gothique du XIVe siècle. Une vieille cloche a été déposée dans le cimetière.

L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 7 avril 1975. Parmi le mobilier se trouvent une perque (poutre de gloire) du milieu du XIXe siècle, un grand luminaire du chœur de style néogothique probablement contemporain de la réfection des voûtes, une belle chaire dans la nef, le chemin de croix offert en 1874 par la comtesse d'Aigneaux qui fit un don de 200 francs, un autel Saint‑Joseph bâti en 1878 et des fonts baptismaux datés du XVIe siècle.

Liens externes