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Église Notre-Dame de Graçay dans le Cher

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Notre-Dame de Graçay

    Place de l'Église
    18310 Graçay
Propriété de la commune
Église Notre-Dame de Graçay
Église Notre-Dame de Graçay
Crédit photo : BastienM - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
2e moitié XIXe siècle
Période de construction
1866
Début de la construction
1872
Fonderie des cloches
1889
Classement du dolmen voisin
1992
Inscription aux MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise Notre-Dame (cad. AM 228) : inscription par arrêté du 21 octobre 1992

Personnages clés

Lucien-Léopold Lobin - Maître-verrier Auteur des 122 vitraux (1837–1892).
Marganne - Architecte initial Concepteur du projet en 1866.
Albert Pascault - Architecte départemental A agrandi l’édifice ultérieurement.

Origine et histoire

L’église Notre-Dame de Graçay, construite à partir de 1866 dans un style néogothique inspiré du XIIIe siècle, est l’œuvre de l’architecte Marganne, puis agrandie par Albert Pascault. Ce monument illustre le mouvement architectural pastiche du XIXe siècle, marqué par un retour aux formes médiévales, tout en intégrant des techniques et un décor contemporains. Ses 122 vitraux, dont 86 offerts par les diocèses français représentant leurs saints patrons, ont été réalisés par le maître-verrier tourangeau Lucien-Léopold Lobin (1837–1892), figure majeure de l’art verrier religieux de l’époque.

La construction de l’église s’inscrit dans le contexte du réveil de la dévotion mariale en Berry au XIXe siècle, période où les édifices religieux deviennent des symboles de renouveau spirituel et communautaire. L’édifice abrite une statue de la Vierge d’Avexy, rescapée de vandalismes en 1793 et 1905, ainsi que trois cloches datant de 1872. Inscrite aux monuments historiques en 1992, l’église témoigne aussi de l’influence des mouvements artistiques régionaux, comme l’école de Tours pour les vitraux, et de l’engagement des paroisses locales dans sa décoration.

Graçay, commune rurale du Cher en limite de l’Indre, a une histoire marquée par des conflits médiévaux, notamment la rencontre des Trois Rois (Louis VII, Henri II d’Angleterre et Philippe Auguste) entre 1176 et 1179, qui tenta sans succès de régler leurs différends territoriaux. Le village, autrefois siège d’une seigneurie puissante du Bas-Berry, conserve aussi des traces de son passé médiéval, comme les remparts et l’abside Saint-Martin (XIe siècle), ainsi qu’un dolmen néolithique classé. L’église Notre-Dame, par son style et son iconographie, s’inscrit ainsi dans une continuité historique et culturelle, mêlant héritage roman, gothique et renouveau du XIXe siècle.

Le territoire de Graçay, traversé par le Fouzon et le Pozon, affluents du Cher, a connu une évolution démographique contrastée, avec un pic de 3 315 habitants en 1872, année de fonderie des cloches de l’église, avant un déclin progressif jusqu’à 1 234 habitants en 2023. La commune, classée en zone de sismicité faible, est exposée à des risques naturels comme le retrait-gonflement des argiles, ayant causé des dégâts répétés aux bâtiments, dont l’église. Son patrimoine, qui inclut aussi le château de Coulon (XVIe–XVIIe siècles) et la Pierre Levée (dolmen), reflète une richesse historique allant de la Préhistoire à l’époque contemporaine.

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