Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-Grâce
L'église Notre-Dame-de-Grâce de Gignac, située dans l'Hérault en région Occitanie, est un édifice catholique construit au XVIIe siècle, dont la façade de style florentin fut achevée en 1648. Son implantation remonte à l’Antiquité : un temple romain dédié à Vesta, transformé en édifice chrétien par le premier évêque de Lodève, y aurait existé avant d’être détruit en 1210 par les Cathares. Une chapelle de pèlerinage, érigée après une guérison miraculeuse en 1360, fut attribuée aux Récollets mais subissant destructions et reconstructions successives : rasée par les Huguenots au XVIe siècle, puis par les Calvinistes en 1620, elle fut reconstruite en 1623 avec les pierres de la citadelle protestante.
L’église actuelle, à nef unique et chevet polygonal, fut édifiée selon des plans dressés en 1613, avec une façade terminée entre 1641 et 1643. Son architecture intègre huit chapelles latérales et une tribune sud soutenue par des voûtes à liernes. La façade, structurée sur trois niveaux, combine porche, niches (dont une Vierge à l’Enfant), pilastres ioniques et un clocher plat. Un chemin de croix néo-gothique, composé de 14 oratoires-niches (XVIIe–XIXe siècles) et d’une chapelle terminale, s’étend à l’ouest. Ces éléments, restaurés au XXe siècle, furent inscrits puis classés Monuments Historiques en 1985 et 1989.
Le site mêle héritages païens, conflits religieux (guerres de Religion, catharisme) et dévotion mariale. La cloche en bronze, classée dès 1957, et les oratoires illustrent son rôle de lieu de pèlerinage. L’architecte Méric est cité comme maître d’œuvre, tandis que le cardinal de Bonzy y installa 15 Récollets en 1613. Propriété communale, l’église reste un symbole du patrimoine religieux languedocien, marqué par les reconstructions et la persistance du culte marial malgré les destructions.
Les sources mentionnent des contradictions sur les dates de destruction (1578 vs XVIe siècle) et de reconstruction (1622/1624/1629), reflétant la complexité de son histoire. Le chemin de croix, avec ses arcs brisés et frontons, et la chapelle terminale (XVIIe–XVIIIe siècle) soulignent l’évolution stylistique du site, entre baroque et néo-gothique. L’inscription à l’inventaire des Monuments Historiques consacre sa valeur patrimoniale, liée à l’architecture religieuse méridionale et aux conflits confessionnels.
Le contexte local au XVIIe siècle était marqué par les tensions post-Réforme, où les édifices religieux servaient à la fois de lieux de culte et d’affirmation politique. Gignac, proche de Lodève et Montpellier, bénéficiait d’une position stratégique entre plaine viticole et piémont cévenol. Les pèlerinages, comme celui de Notre-Dame-de-Grâce, jouaient un rôle social et économique, attirant fidèles et offrandes dans une région encore marquée par les divisions religieuses.