Frise chronologique
1026
Restitution à Saint-Ouen
Restitution à Saint-Ouen
1026 (≈ 1026)
Richard II rend l’église et ses dépendances.
Xe siècle
Invasion viking
Invasion viking
Xe siècle (≈ 1050)
Intégration au domaine ducal normand.
XIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
XIe siècle (≈ 1150)
Création par les religieux de Saint-Ouen de Rouen.
XIVe–XVe siècles
Dons du cardinal d’Amboise
Dons du cardinal d’Amboise
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Statues de Louis XII, Anne de Bretagne et lui-même.
1604–1615
Bénédiction de la cloche
Bénédiction de la cloche
1604–1615 (≈ 1610)
Présence du primat François de Joyeuse.
XVIe siècle
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
XVIe siècle (≈ 1650)
Travaux financés par le deuxième cardinal d’Amboise.
24 novembre 1961
Classement monument historique
Classement monument historique
24 novembre 1961 (≈ 1961)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. B 374) : inscription par arrêté du 24 novembre 1961
Personnages clés
| Richard II de Normandie - Duc de Normandie |
Restitue l’église à Saint-Ouen en 1026. |
| Cardinal Georges d’Amboise - Archevêque de Rouen, ministre de Louis XII |
Finance trois statues dans l’église (XVe siècle). |
| Cardinal Georges II d’Amboise - Neveu du précédent |
Participe à la reconstruction au XVIe siècle. |
| François de Joyeuse - Primat de Normandie |
Présent à la bénédiction de la cloche (1604–1615). |
| Nicolas Buret - Fondeur de cloches |
Auteur de la cloche classée monument historique. |
| Tal Coat - Peintre |
S’installe à Saint-Pierre-de-Bailleul en 1961. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-Grâce de Saint-Pierre-de-Bailleul trouve ses origines au Moyen Âge, liée à l'abbaye Saint-Ouen de Rouen. Fondée sous le patronage des apôtres saint Pierre et saint Paul par les religieux de Saint-Ouen, elle devient le cœur d’un prieuré bénédictin au XIe siècle. Le site, riche en vignobles comme le Cailloutin, s’enrichit grâce à des dons et acquisitions entre les XIIe et XIIIe siècles, attirant des pèlerins vers le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâce, l’un des plus anciens du bassin de la haute Seine.
Au XVe siècle, le cardinal d’Amboise, archevêque de Rouen et ministre de Louis XII, finance trois statues dans l’église, représentant le roi, la reine Anne de Bretagne et lui-même. Son neveu, le deuxième cardinal d’Amboise, et l’abbaye de Saint-Ouen reconstruisent l’édifice actuel au XVIe siècle. Le prieuré, devenu baronnie de la Grâce, décline ensuite : au XVIe siècle, les religieux quittent les lieux, et l’abbaye loue les terres à des fermiers, tandis que le curé perçoit un sixième des dîmes.
L’église, partiellement reconstruite aux XVe et XVIe siècles (tour, bas-côté nord, façade), abrite un retable du XVIIe siècle et une cloche classée, fondue par Nicolas Buret et bénie entre 1604 et 1615 en présence du primat de Normandie François de Joyeuse. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1961, témoigne de l’influence religieuse et seigneuriale dans la région, entre héritage viking, pouvoir ducal normand et patronage royal.
La chapelle Notre-Dame-de-Grâce, associée à une source dite miraculeuse, et les lavoirs du village rappellent l’importance des pèlerinages et de la vie communautaire autour de ce lieu. Pendant la Révolution, la commune, rebaptisée L’Unité, conserve son patrimoine malgré les bouleversements politiques. Au XXe siècle, le peintre Tal Coat s’y installe, ajoutant une dimension artistique à ce site chargé d’histoire.