Frise chronologique
vers 1500
Oratoire franciscain
Oratoire franciscain
vers 1500 (≈ 1500)
Construction d’une loge-oratoire à Beuzit.
12 mars 1507
Première pierre
Première pierre
12 mars 1507 (≈ 1507)
Début de la chapelle Notre-Dame.
5 février 1509
Achèvement charpente
Achèvement charpente
5 février 1509 (≈ 1509)
Pose attestée par une sablière.
1591
Incendie de Guingamp
Incendie de Guingamp
1591 (≈ 1591)
Destruction du couvent franciscain.
1614
Installation des franciscains
Installation des franciscains
1614 (≈ 1614)
Transfert du couvent à Grâces.
1er juillet 1907
Classement MH
Classement MH
1er juillet 1907 (≈ 1907)
Protection de l’édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AV 34) : classement par arrêté du 1er juillet 1907
Personnages clés
| Anne de Bretagne - Duchesse et mécène présumée |
Armoiries ducales omniprésentes dans l’église. |
| Frère Pierre Bilsic - Franciscain coordinateur |
Rôle clé dans la construction initiale. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Grâces trouve son origine dans une modeste loge-oratoire construite vers 1500 par un franciscain de Guingamp au village de Beuzit. En 1506-1507, les gouverneurs de la trève de Saint-Michel-en-Plouisy lancent la construction d’une chapelle dédiée à Notre-Dame de Toutes-Grâces, avec le soutien financier présumé d’Anne de Bretagne, dont les armoiries (hermines et lys) ornent l’édifice. Une inscription sur sablière atteste que la charpente fut posée dès février 1509, révélant un chantier exceptionnellement rapide pour l’époque. Le site, lié à une source miraculeuse, devint rapidement un lieu de pèlerinage marial, structuré autour d’une fontaine et d’une statue de la Vierge.
L’édifice, conçu initialement comme un vaisseau unique de quatre travées flanqué d’un bas-côté sud, présente une remarquable unité stylistique grâce à l’utilisation exclusive du granite local. Son architecture mêle influences gothiques tardives (voûtes en berceau brisé, arcs diaphragmes) et prémices Renaissance (pilastres à losanges dans la sacristie, ajoutée vers le milieu du XVIe siècle). La tour-porche ouest, ornée de baies géminées et surmontée d’une flèche octogonale cantonnée de clochetons, s’inspire des modèles trégorrois comme la tour de Guingamp. À l’intérieur, les sablières sculptées, parmi les plus anciennes de Bretagne, et les lavabos à crédence témoignent d’un programme liturgique ambitieux, peut-être inachevé (absence de symétrie nord).
Le couvent franciscain adjacent, fondé en 1614 après l’incendie de Guingamp (1591), fut démoli au XIXe siècle. L’église, devenue paroissiale en 1800 après la vente de l’ancienne église Saint-Michel, subit plusieurs restaurations : réparation du chœur après un incendie en 1829, consolidation de la flèche foudroyée en 1844, et remplacement des vitraux en 1996. Classée Monument Historique en 1907, elle conserve des éléments mobiliers remarquables, comme les vantaux sculptés du portail sud (début XVIe siècle) illustrant l’Annonciation, et une fontaine mariale surmontée d’un dais flamboyant.
Le frère Pierre Bilsic, franciscain de Guingamp, joua un rôle clé dans la coordination du chantier initial, tandis que la reine Anne de Bretagne en serait la mécène principale, comme le suggèrent les armoiries ducales omniprésentes. Le pèlerinage, centré sur une statue de la Vierge aujourd’hui disparue, attirait les fidèles grâce à la source miraculeuse, dont la fontaine subsiste près du chevet. L’édifice illustre ainsi la dévotion mariale en Bretagne à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance, tout en reflétant les réseaux d’influence des ordres mendiants et de la cour ducale.