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Frise chronologique
1759
Transfert de l'abbaye de Murbach
Transfert de l'abbaye de Murbach
1759 (≈ 1759)
Décret papal officialisant le déménagement à Guebwiller.
1765
Début de la construction
Début de la construction
1765 (≈ 1765)
Sous la direction de Louis Beuque, architecte initial.
1768
Remplacement de Beuque par Ritter
Remplacement de Beuque par Ritter
1768 (≈ 1768)
Changement d’architecte après des conflits techniques.
1785
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1785 (≈ 1785)
Par l’évêque de Bâle, achèvement des travaux.
1841
Classement monument historique
Classement monument historique
1841 (≈ 1841)
Parmi les premiers monuments protégés en France.
1844
Construction de la tour nord
Construction de la tour nord
1844 (≈ 1844)
Financée par souscription publique et municipalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame (nouvelle église) : classement par arrêté du 1er octobre 1841
Personnages clés
| Louis Beuque - Architecte initial |
Auteur des plans néo-classiques, remplacé en 1768. |
| Gabriel Ignace Ritter - Architecte et décorateur |
Acheva l’église et réalisa son décor stuqué. |
| Fidèle Sporer - Sculpteur allemand |
Créa l’*Assomption de la Vierge* du chœur. |
| Joseph Rabiny - Facteur d’orgues |
Installa le buffet d’orgue en 1785. |
| Dom Léger de Rathsamhausen - Prince-abbé commanditaire |
Lança la construction de l’église abbatiale. |
| François-Jacques Grün - Ingénieur constructeur |
Réalisa la tour nord en 1844-1845. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Guebwiller, édifiée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, est l’une des plus imposantes constructions religieuses néo-classiques du Nord-Est de la France. Construite en grès rose, matériau emblématique de la région, elle remplace l’abbatiale de Murbach après le transfert de l’abbaye à Guebwiller en 1759. Ce déplacement, acté par le pape Clément XIII, marque la sécularisation de l’abbaye impériale, transformée en chapitre équestral sous Louis XV. L’église, classée monument historique dès 1841, symbolise ce tournant institutionnel et artistique.
La construction de l’église est lancée en 1765 sous la direction de l’architecte Louis Beuque, dont les plans néo-classiques sont initialement rejetés pour leur manque de modernité. Après des conflits avec le chapitre et des expertises de l’Académie royale d’architecture, il est remplacé en 1768 par Gabriel Ignace Ritter. Ce dernier achève l’édifice en 1779, hormis les tours, en respectant les plans initiaux tout en y ajoutant un décor stuqué baroque et classique. La consécration solennelle a lieu en 1785 par l’évêque de Bâle, marquant son rôle central dans la vie religieuse locale.
Le mobilier et la décoration intérieurs, réalisés entre 1780 et 1783, mêlent influences françaises et germaniques. Fidèle Sporer, sculpteur allemand, signe notamment l’Assomption de la Vierge du chœur, haute de dix-sept mètres. L’orgue, installé en 1785 par Joseph Rabiny, est un chef-d’œuvre technique avec un buffet préservé malgré des restaurations successives. En 1792, l’église devient paroissiale, et en 1844, une tour-clocher est enfin ajoutée grâce à une souscription publique, complétant partiellement le projet initial.
L’histoire de l’église est indissociable de celle de l’abbaye de Murbach, dont les princes-abbés, comme Philippe-Eberhard de Löwenstein-Wertheim, ont marqué Guebwiller par leur pouvoir politique et religieux. Le transfert de l’abbaye en 1759, après des siècles de tensions et de déclin monastique, reflète les bouleversements institutionnels de l’Alsace sous l’Ancien Régime. L’église Notre-Dame en est le témoin architectural, alliant prestige princier et piété populaire.
Classée parmi les premiers monuments historiques français en 1841, l’église illustre aussi les défis de la conservation patrimoniale. Son orgue, malgré des réparations régulières, nécessite aujourd’hui une restauration majeure. Les cloches, dont deux datent de 1718, et les boiseries de Sporer rappellent la richesse artistique de l’Alsace pré-révolutionnaire, entre héritage impérial et identité régionale.