Origine et histoire de l'Église Notre-Dame
L'église Notre‑Dame de Ham, située dans la Somme, est l'ancienne abbatiale des chanoines génovéfains devenue église paroissiale à la Révolution. Les parties basses de la nef remontent au milieu du XIIe siècle ; la façade, le transept, le chœur et la crypte ont été édifiés entre 1180 et 1220. L'édifice a subi une série d'invasions en 1411, 1557 et 1594 et plusieurs destructions, notamment en 1919. La crypte fut classée monument historique en 1862 et l'église en 1888.
L'église présente un plan en croix latine avec nef centrale, deux bas‑côtés, transept et chœur surélevé, conforme à un ordonnancement bénédictin. Les parties romanes visibles comprennent les assises basses, la façade occidentale et un porche roman sobre surmonté de trois baies hautes. Le chœur et le transept, de construction gothique (1180‑1220), sont couverts de voûtes barlongues et reposent sur des piliers à colonnettes engagées couronnés de chapiteaux à crochets ornés de palmettes stylisées. Le chevet, élancé, s'élève sur trois niveaux correspondant à la crypte et à l'église et est percé de fenêtres en tiers‑point soutenues par des contreforts.
Après les dommages des guerres, la nef fit l'objet de restaurations aux XVIIe et XVIIIe siècles : la croisée du transept fut surmontée d'un clocher en 1672, la nef fut restaurée en 1678 et un portail latéral fut ajouté en 1701. Un incendie provoqué par la foudre en 1760 entraîna une restauration du décor et de la nef sous le prieur Coste de Champeron.
L'intérieur est décoré de trente‑deux bas‑reliefs en stuc illustrant des scènes des Évangiles et des Actes des Apôtres, répartis sur le pourtour du chœur, dans les bras du transept, dans les chapelles et sous les fenêtres de la nef au‑dessus des grandes arcades. Le pourtour du chœur présente, au sud, l'Annonciation et la Visitation, et au nord le Baptême de Jésus et la Tentation ; à l'intérieur du chœur figurent la Nativité, la Circoncision, l'Adoration des Mages et la Cène au sud, et au nord la Présentation au Temple, la Fuite en Égypte, Jésus enfant disputant avec les docteurs et le Lavement des pieds. Les bras du transept comportent, dans le bras sud, les Noces de Cana et l'entretien avec la Samaritaine, et dans le bras nord la Femme adultère et la Dation des clefs ; la chapelle de la Vierge montre Jésus au Jardin des Oliviers et la chapelle Saint‑Vaneng la Résurrection. Sous les fenêtres de la nef figurent, côté sud, des scènes liées aux missions apostoliques et à des conversions (sépulture chrétienne, sacrement de confirmation, baptême de l'eunuque de la reine de Candace, conversion de Corneille, arrivée de Paul et Barnabé à Lystre) ; côté nord se lisent des épisodes liés au martyr de saint Étienne, à la prédication et aux voyages de saint Paul, à sa rencontre avec Agrippa et à son naufrage à Malte. Les bas‑côtés présentent la Pentecôte au sud et l'Extrême‑onction au nord, et l'abside est ornée de cinq médaillons sculptés représentant au centre Jésus entouré des évangélistes.
Le maître‑autel en bois peint noir et rouge, surmonté d'un baldaquin soutenu par des colonnes d'ordre corinthien et décoré de vases de fleurs sculptés, date du XVIIIe siècle et est classé au titre des objets depuis le 4 janvier 1915. Des orgues construites en 1763 par Louis Péronart furent détruites pendant la Première Guerre mondiale ; un instrument reconstruit par la maison Cavaillé‑Coll‑Convers et installé en 1934 fut à son tour perdu pendant la Seconde Guerre mondiale. L'orgue actuel, construit en 1950 par les établissements Beuchet‑Debierre en réutilisant le buffet précédent, est de style néo‑classique, doté de trente‑six jeux, de trois claviers manuels et d'un pédalier de trente‑deux notes ; il a été relevé en 1990.
La crypte, la partie la plus remarquable de l'édifice, date de la fin du XIIe‑début du XIIIe siècle ; située sous le chœur, elle en reprend le plan et son vaisseau central est composé de deux nefs jumelles. Un épi de trois colonnes monolithes forme une voûte triangulaire à nervures reposant sur des chapiteaux à crochets ou à feuillage, et la colonne centrale devant l'autel supporte un faisceau de neuf nervures. Dans les nefs latérales ont été déposées les pierres tombales d'Odon IV, seigneur de Ham, et d'Isabelle de Béthencourt, classées monuments historiques en 1888 : l'effigie d'Odon IV en demi‑relief le montre en cotte de mailles, la main droite sur la poignée d'épée, la gauche sur un bouclier aux trois croissants, un chien à ses pieds, accompagnée d'une inscription latine ; Isabelle est représentée en longue robe ceinturée, les mains jointes, avec, de part et d'autre, deux anges soutenant un agneau nimbé tenant un étendard, et sa dalle porte également une inscription latine mentionnant son identité.