Frise chronologique
Premier tiers du XIIe siècle
Construction des parties romanes
Construction des parties romanes
Premier tiers du XIIe siècle (≈ 1250)
Chœur primitif, base du clocher, façade partielle.
Premier quart du XIIIe siècle
Ajout du chœur gothique
Ajout du chœur gothique
Premier quart du XIIIe siècle (≈ 1325)
Deux travées au nord, lancettes groupées.
1550
Reconstruction flamboyante
Reconstruction flamboyante
1550 (≈ 1550)
Nef et collatéral, contrat avec artisans.
1862
Classement du clocher
Classement du clocher
1862 (≈ 1862)
Première protection monument historique.
1912
Classement du mobilier
Classement du mobilier
1912 (≈ 1912)
Retable, vantaux, tableaux et statues.
2006
Classement total de l'église
Classement total de l'église
2006 (≈ 2006)
Protection intégrale du monument.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher : classement par liste de 1862 - L'église en totalité (cad. AI 241) : classement par arrêté du 4 septembre 2006
Personnages clés
| Heilo - Chanoine du XIe siècle |
Donateur du village au chapitre de Beauvais. |
| Louis Poullain - Maître charpentier (1550) |
Responsable des cintres pour les voûtes. |
| Antoine Chéniau dit Daguien et Jean Larsillon - Maçons-tailleurs de pierre (1550) |
Chargés des maçonneries de la nef. |
| Auguste-Lucien Vérité - Horloger beauvaisien (avant 1840) |
Créateur du mécanisme d'horloge du clocher. |
| Eugène Woillez - Architecte-historien (XIXe siècle) |
A étudié et décrit l'église en 1839. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Annonciation d'Allonne, située dans l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice catholique paroissial à double vaisseau. Ses parties les plus anciennes, datant du premier tiers du XIIe siècle, incluent le chœur primitif roman, la base du clocher, et des éléments de la façade occidentale. Ce chœur roman, composé de deux travées carrées, se singularise par ses voûtes d'arêtes, rares dans la région, et un décor sculpté archaïque.
Au XIIIe siècle, un nouveau chœur gothique primitif de deux travées est adjoint au nord du chœur roman, avec des fenêtres à lancettes simples et des voûtes d'ogives minces. Les travaux du XVIe siècle, documentés par des marchés notariés de 1550, transforment radicalement l'édifice : la nef et son collatéral sont reconstruits dans un style gothique flamboyant homogène, avec des piliers ondulés, des voûtes quadripartites, et un portail occidental orné d'un tympan ajouré inspiré du déambulatoire de Saint-Étienne de Beauvais. Le clocher, classé dès 1862, et l'ensemble de l'église en 2006, domine l'édifice avec ses baies géminées romanes et sa corniche beauvaisine.
L'église conserve des traces de son histoire mouvementée, comme les corbeaux de l'ancienne corniche romane visibles dans le chœur gothique, ou les modifications du XIXe siècle, dont la destruction d'une danse macabre en 1605 et l'ajout d'une niche pour une Pietà en 1844. Son mobilier, partiellement classé, inclut des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, un retable baroque, et des vantaux de portail flamboyant sculptés. Affiliée aujourd'hui à la paroisse « Sainte Madeleine en Beauvaisis », elle témoigne de l'évolution architecturale et liturgique du Beauvaisis, depuis ses origines médiévales jusqu'à l'époque moderne.
La façade occidentale, dissymétrique, illustre la superposition des époques : la partie romane en moyen appareil, avec son tympan en opus reticulatum et ses baies en plein cintre, contraste avec la partie flamboyante en pierre de taille, ornée de contreforts galbés et d'un portail à double porte. À l'intérieur, la nef et son collatéral communiquent par des arcades en arc brisé reposant sur des piliers ondulés à huit renflements, typiques de l'influence beauvaisienne. Les fenêtres, aux réseaux complexes de lancettes et soufflets, éclairent généreusement l'espace, tandis que le chœur gothique, sobre, conserve des lancettes groupées sous des arcs de décharge.
Le clocher, haut de 18 mètres hors toit, présente un étage de beffroi roman aux baies géminées surmontées d'une corniche beauvaisine, datable des alentours de 1200. Ses contreforts plats et l'absence de décoration soulignent son austérité, tandis que les modillons sculptés de têtes de monstres ou de motifs géométriques rappellent les traditions romanes locales. L'élévation méridionale, marquée par la tourelle d'escalier cylindrique du XVIe siècle, révèle aussi les reprises en maçonnerie et les différences d'appareil entre les parties romanes et flamboyantes.
L'église d'Allonne s'inscrit dans un réseau d'édifices du Beauvaisis ayant conservé des structures romanes tout en s'adaptant aux évolutions gothiques, comme à Cauvigny ou Villers-Saint-Frambourg. Son histoire reflète les dynamiques paroissiales médiévales, liées au chapitre de la cathédrale de Beauvais et à l'abbaye Saint-Symphorien, ainsi que les reconstructions postérieures aux conflits, comme le siège de Beauvais en 1472. Aujourd'hui, elle reste un témoignage majeur de l'architecture religieuse picarde, alliant héritage roman et innovations flamboyantes.