Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-l'Assomption
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Anzy-le-Duc, située dans le département de Saône-et-Loire en Bourgogne-Franche-Comté, est un chef-d'œuvre de l'art roman bourguignon. Fondée entre la fin du XIe et le début du XIIe siècle, elle fut l'église priorale du prieuré d'Anzy-le-Duc, lui-même issu d'une donation carolingienne en 876 par le noble Lethbald et son épouse Altasie à l'abbaye de Saint-Martin d'Autun. Le monastère, l'un des plus anciens du Brionnais, devint un lieu de pèlerinage grâce aux reliques d'Hugues de Poitiers, moine mort en odeur de sainteté vers 930, dont le tombeau attira une affluence croissante.
L'édifice fut construit en deux campagnes distinctes : le chevet et le transept datent d'environ 1080 (seconde moitié du XIe siècle), tandis que la nef et ses collatéraux, caractérisés par une élévation innovante à deux étages et cinq travées voûtées d'arêtes, furent érigés vers 1110. Ce parti architectural, précurseur en Bourgogne, influença plus tard des édifices comme l'abbatiale de Vézelay. L'église, initialement dédiée à la Trinité-Sainte-Croix et Sainte-Marie, fut placée sous le vocable actuel de Notre-Dame-de-l'Assomption. Son clocher octogonal, orné de trois étages d'arcatures lombardes, est considéré comme l'un des plus élégants du Brionnais.
Au XVe siècle, l'église bénéficia de dons significatifs, comme celui de Jean Petitjean en 1415, qui légua des dîmes et des terres en mémoire de sa famille inhumée dans l'édifice. Le clocher, frappé par la foudre en 1652, fut reconstruit grâce à Philippe Bouton, prieur d'Anzy. La crypte, redécouverte récemment, abritait la sépulture d'Hugues de Poitiers jusqu'à sa profanation par des Huguenots en 1576. En 1808, l'église devint paroissiale, et en 1851, elle fut classée monument historique, reconnaissant sa valeur patrimoniale exceptionnelle.
L'architecture intérieure se distingue par ses chapiteaux sculptés (XIe siècle), illustrant des scènes bibliques ou symboliques comme Saint Michel combattant le démon ou Samson maîtrisant un lion. Le chœur, voûté en cul-de-four, et la nef à deux niveaux reflètent un équilibre harmonieux entre verticalité et horizontalité, typique de l'art roman bourguignon. La façade occidentale, malgré les dommages révolutionnaires, conserve un tympan du XIIe siècle représentant le Christ en gloire, tandis que le portail sud narre l'Adoration des mages et le Péché originel.
En 2015, une polémique éclata autour d'un projet de remplacement des vitraux par des créations contemporaines de Gérard Fromanger, finalement rejeté par l'évêque d'Autun. L'orgue, installé en 1991, et une mosaïque moderne (2008) inspirée d'un tympan médiéval témoignent de la vitalité culturelle du lieu. Aujourd'hui, l'église reste un lieu de culte catholique actif, intégré à la paroisse Saint-Hugues-en-Brionnais-Bords-de-Loire, et un symbole neuf siècles après sa construction.