Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-l'Assomption
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Arques-la-Bataille, située en Normandie, est un édifice emblématique du gothique flamboyant normand. Classée monument historique dès 1862, elle se distingue par son architecture cohérente, son décor sculpté raffiné, et ses aménagements liturgiques rares, dont un jubé du XVIe siècle exceptionnellement préservé. Ses vitraux, notamment ceux de 1530 organisés autour d’un Arbre de Jessé, ainsi que son mobilier ancien, en font un témoignage précieux de l’art religieux de la Renaissance.
La construction de l’église actuelle, débutée au tout début du XVIe siècle, s’est étalée sur environ cent ans, intégrant des éléments d’un édifice antérieur comme la nef, plus basse et couverte d’un berceau de bois. Le chœur et le transept, édifiés en premier, contrastent par leur hauteur et leur luminosité. La tour du clocher, ajoutée au XVIIe siècle, abrite deux cloches du XIXe siècle. La façade occidentale, plus ancienne, a reçu un portail central au XVIIIe siècle, illustrant les campagnes de construction successives.
L’église abrite un jubé, rare en France après le concile de Trente (XVIe siècle) qui en recommanda la suppression. Celui d’Arques-la-Bataille, d’une finesse sculpturale remarquable, a également porté un orgue dès 1558, remplacé en 1851 puis en 1997. Ce dernier, œuvre du facteur Michel Giroud, a inspiré la création du festival de musique ancienne Académie Bach en 1998, dont les concerts animent aujourd’hui l’édifice. Les vitraux, allant du XVIe au XXe siècle, incluent des œuvres de Duhamel-Marette et Mauméjean, ainsi que des verrières commémoratives de 1914-1918 dessinées par Lucien Métivet.
L’église, épargnée par les restaurations malencontreuses du XIXe siècle, conserve un mobilier et une documentation écrite largement inédits. Elle reste un lieu de culte actif (paroisse Arques-Val de Varenne, archidiocèse de Rouen) et un pôle culturel, grâce à l’Académie Bach installée dans l’ancien presbytère. Son classement précoce (1862) souligne son importance patrimoniale, renforcée par sa localisation dans la Seine-Maritime, en Normandie.