Frise chronologique
VIIe siècle
Première mention d'une église
Première mention d'une église
VIIe siècle (≈ 750)
Lieu de culte sous collation de Saint-Germain-des-Prés.
XIIIe siècle
Construction de l'édifice actuel
Construction de l'édifice actuel
XIIIe siècle (≈ 1350)
Remplacement de l'église primitive par une nef unique.
1534
Ajout de la chapelle seigneuriale
Ajout de la chapelle seigneuriale
1534 (≈ 1534)
Guillaume Briçonnet y est inhumé devant le maître-autel.
1857
Restauration complète
Restauration complète
1857 (≈ 1857)
Dirigée par l’abbé Blanquet, modification de la façade.
1879
Transfert du cimetière
Transfert du cimetière
1879 (≈ 1879)
Création d'un nouveau cimetière route de Montereau.
1930
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1930 (≈ 1930)
Protection de l'édifice par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 13 février 1930
Personnages clés
| Guillaume Briçonnet - Évêque de Meaux et abbé de Saint-Germain |
Commanditaire de la chapelle seigneuriale, inhumé dans l'église. |
| Abbé Pierre Pascal Emmanuel Blanquet - Curé de Cannes-Écluse et Esmans |
Responsable de la restauration de 1857. |
| Louis IX (Saint Louis) - Roi de France |
Séjournait régulièrement au château voisin (1255-1270). |
| Pierre Lamotte - Curé d'Esmans (1710-1732) |
Inhumé dans le chœur de l'église après 22 ans de gouvernance. |
| Maîtres verriers Bazin et Laiteux - Artisans |
Auteurs des vitraux installés en 1876. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Esmans, située dans le village du même nom en Seine-et-Marne, trouve ses origines au VIIe siècle, avec une première mention d’un lieu de culte soumis à la collation de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris. L’édifice actuel, construit au XIIIe siècle à l’initiative des abbés de Saint-Germain, remplace une église primitive plus ancienne. Son architecture se caractérise par une nef unique et un chœur à chevet polygonal, avec des arcs en ogive retombant sur des colonnettes ornées de chapiteaux à crochets. Les croisures à rosaces feuillues et un petit bassin trilobé intégré dans le mur témoignent de son style médiéval abouti.
Au XVIe siècle, Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux et abbé de Saint-Germain, fait ajouter une chapelle seigneuriale au nord de l’édifice, accessible directement depuis les dépendances du château voisin. Les armoiries de l’évêque, visibles sur un cul-de-lampe, ainsi qu’une statue en pierre de la Vierge datant du XIVe siècle, enrichissent le patrimoine artistique de l’église. La chapelle abrite également la pierre tombale de Briçonnet, décédé en 1534, et une plaque commémorative de Claude de Vendre, seigneur de Fossard. Les fonts baptismaux du XVIe siècle, les vitraux de 1876 signés Bazin et Laiteux, et une peinture du XIXe représentant sainte Anne complètent cet ensemble.
L’histoire de l’église est étroitement liée à celle du village et de son château, où séjournèrent plusieurs rois de France, dont Louis VII, Louis IX (Saint Louis), et Philippe IV le Bel. Ces visites royales, souvent associées à des événements politiques ou religieux, ont marqué la vie locale. Par exemple, en 857, les moines de Saint-Germain-des-Prés, fuyant les raids normands, se réfugièrent à Esmans avec les reliques de saint Germain, faisant de l’église un lieu de dévotion et de miracles selon les chroniques de l’époque. L’édifice, endommagé par les Normands en 888, fut restauré et agrandi au fil des siècles, devenant un symbole de la présence ecclésiastique et seigneuriale dans la région.
Au XIXe siècle, l’église subit une restauration complète sous la direction de l’abbé Blanquet, curé de Cannes-Écluse et d’Esmans, achevée en 1857. Les modifications de cette époque incluent une façade ouest ornée, aujourd’hui partiellement altérée, et la suppression du cimetière attenant, transféré en 1879 près de la route de Montereau. Le cimetière primitif, situé au nord-ouest du village, remonte aux premiers siècles chrétiens et témoigne de l’ancienne organisation paroissiale. L’église, inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1930, conserve également des traces des conflits qui ont traversé la région, comme les destructions liées à la guerre de Cent Ans ou aux pillages révolutionnaires.
Le petit patrimoine religieux et civil environnant, tel que le lavoir alimenté par la source du Ru, les croix de carrefour (Sainte-Barbe, Saint-Marc), et les vestiges du château voisin, complète le paysage historique d’Esmans. Ces éléments, associés à l’aqueduc de la Vanne traversant la commune, illustrent l’importance stratégique et économique du village, situé sur d’anciennes voies de communication et proche de Montereau-Fault-Yonne. L’église, par son architecture et son histoire, reste un témoin majeur du passé médiéval et moderne de l’Île-de-France rurale.