Frise chronologique
1061-1095
Fondation de l'oratoire
Fondation de l'oratoire
1061-1095 (≈ 1078)
Autorisation donnée par l'évêque Geoffroy de Boulogne.
XIVe siècle
Construction du clocher
Construction du clocher
XIVe siècle (≈ 1450)
Implanté obliquement, sans style marqué.
vers 1540
Construction du chœur gothique-Renaissance
Construction du chœur gothique-Renaissance
vers 1540 (≈ 1540)
Voûtes à liernes et chapiteaux sculptés.
1832
Démolition de l'ancienne nef
Démolition de l'ancienne nef
1832 (≈ 1832)
Remplacée par un cimetière puis une annexe.
2 avril 1915
Classement du chœur
Classement du chœur
2 avril 1915 (≈ 1915)
Monument historique par arrêté ministériel.
1964-1967
Construction de la nef moderne
Construction de la nef moderne
1964-1967 (≈ 1966)
Architecte Sylvain Stym-Popper, béton armé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise sauf bas-côté et clocher : classement par arrêté du 2 avril 1915
Personnages clés
| Geoffroy de Boulogne - Évêque de Paris (1061-1095) |
Autorisa la fondation de l'oratoire. |
| Thibaud - Évêque de Paris (date non précisée) |
Confirma la possession du prieuré Saint-Martin-des-Champs. |
| Sylvain Stym-Popper - Architecte en chef |
Conçut la nef moderne (1964-1967). |
| Dame alliée aux Montmorency - Fondatrice de l'oratoire |
Obtint l'autorisation au XIe siècle. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Ézanville, située dans le Val-d'Oise, trouve ses origines au XIe siècle. Sous l'épiscopat de Geoffroy de Boulogne (1061-1095), une dame alliée aux Montmorency, devenue religieuse à l'abbaye Notre-Dame de Saint-Paul-lès-Beauvais, obtient l'autorisation d'ériger un oratoire à Ézanville, alors simple hameau d'Écouen. Cet oratoire, dédié à la Vierge Marie, est soumis à des restrictions : interdiction d'y célébrer mariages ou relevés de couches, et obligation pour les habitants de se rendre à l'église paroissiale Saint-Acceul d'Écouen pour les fêtes majeures. La chapelle relève alors du prieuré Saint-Martin-des-Champs, collateur de la cure.
Au XIVe siècle, un clocher sans style marqué est construit, implanté obliquement par rapport à l'axe de l'édifice. Le chœur actuel, commencé dans le style gothique flamboyant vers 1540, intègre des éléments Renaissance comme les clés de voûte et les chapiteaux. Il se compose de trois travées droites et d'une abside à cinq pans, voûtée de liernes et tiercerons évoquant des pétales de fleur. La nef d'origine, démolie en 1832 faute de moyens pour sa restauration, est remplacée en 1967 par une nef moderne en béton armé. Seule la première travée prévue n'a jamais été construite.
L'église est classée monument historique en 1915 pour son chœur, considéré comme un joyau architectural malgré ses petites dimensions (6 m de largeur, 15,30 m de longueur). Les vitraux du XVIe siècle, fragmentaires, représentent des scènes bibliques comme l'histoire d'Élie ou l'Adoration des Mages. Deux statuettes du XVIe siècle, classées en 1927, représentent sainte Catherine d'Alexandrie et un saint évêque. Le clocher, la sacristie (ancienne chapelle du XVIIe siècle) et une petite chapelle basse complètent l'édifice, aujourd'hui affilié au groupement paroissial d'Écouen.
Au XXe siècle, Ézanville, érigée en paroisse indépendante en 1912, connaît une croissance démographique importante. Une tribune est ajoutée dans le chœur pour augmenter la capacité d'accueil, mais l'église devient insuffisante. En 1964-1967, une nouvelle nef est construite selon les plans de l'architecte Sylvain Stym-Popper, sous l'égide du diocèse de Versailles, puis de Pontoise après 1966. Malgré des restaurations, des étais encombrent depuis 2013 les deux dernières travées du chœur, masquant les vitraux et les voûtes à liernes.
L'élévation extérieure du chœur et du chevet contraste avec la simplicité du reste de l'édifice. Les contreforts, ornés de chimères et de feuillages sculptés, soutiennent des fenêtres aux remplages variés, mêlant arcs en plein cintre et lancettes trilobées. Le décor Renaissance, comme les frises de rinceaux ou les clés pendantes, coexiste avec des éléments gothiques flamboyants, tels les piliers ondulés ou les voûtes à nervures complexes. La sacristie et le clocher, en moellons, s'opposent à la pierre de taille du chœur, reflétant les différentes époques de construction.
Aujourd'hui, l'église Notre-Dame-de-l'Assomption accueille des messes dominicales anticipées chaque samedi à 18 h. Elle fait partie d'un ensemble paroissial incluant Écouen, Bouqueval et Le Plessis-Gassot. Son mobilier inclut, outre les statuettes classées, une clôture de chapelle du XVIe siècle ornée de rinceaux et de chérubins, ainsi que des vitraux contemporains abstraits dans la nef. Malgré son état partiel de conservation, elle reste un témoignage remarquable de l'architecture religieuse de la transition gothique-Renaissance en Île-de-France.