Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-l'Assomption
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Haravilliers, située dans le Val-d'Oise, est un édifice catholique dont les parties les plus anciennes remontent au milieu du XIIe siècle, notamment la façade occidentale et le collatéral sud de la nef, de style roman tardif. Son histoire est marquée par des agrandissements et modifications successives, reflétant les évolutions architecturales des XIIIe, XVIe et XVIIe siècles. L'église, de plan irrégulier, conserve des traces de chaque période, à l'exception du XVIIe siècle où aucun travail majeur n'est attesté. Son clocher-tour, édifié à la fin du XVe siècle après la destruction du clocher central pendant la guerre de Cent Ans, domine l'élévation méridionale.
Au XIIe siècle, l'église était probablement une nef-grange charpentée, sans arcades ni chapiteaux, avant d'être subdivisée en trois vaisseaux pour permettre son voûtement gothique. Les voûtes actuelles, en tiers-point avec des clés de voûte ornées de feuillages, datent au plus tôt du XIIIe siècle, période à laquelle le chœur et son collatéral furent retouchés. Le XVIe siècle voit l'ajout d'une chapelle Renaissance au nord du chœur, tandis qu'au XVIIIe siècle, un portail classique remplace l'entrée occidentale. Classée monument historique en 1915, l'église présente une singularité régionale : ses collatéraux, voûtés à la même hauteur que le vaisseau central.
L'intérieur, bien que remanié, révèle des éléments gothiques comme les piliers cylindriques et les chapiteaux à décor végétal, tandis que l'extérieur conserve des traces romanes, notamment la tourelle d'escalier octogonale coiffée d'un lanternon. Les fenêtres, de styles variés (roman, gothique primitif, Renaissance), illustrent les campagnes de reconstruction successives. Le mobilier comprend six éléments classés, dont une Vierge de Pitié du XVe siècle et un maître-autel du XVIIIe siècle, bien que certains objets aient été volés ou déplacés.
La guerre de Cent Ans a laissé des marques visibles, avec la destruction du clocher central primitif, remplacé par l'actuel clocher-tour flamboyant, sobre et dépourvu de décoration exubérante. Les restaurations du XIXe siècle ont complété les transformations, tout en préservant l'hétérogénéité stylistique de l'édifice. Aujourd'hui, l'église, entourée de son cimetière, reste un témoignage architectural complexe, reflétant près de six siècles d'histoire locale.
Le plan dissymétrique de l'église, avec un vaisseau central bordé de collatéraux étroits, et l'absence de transept visible, résultent des remaniements successifs. Les contreforts, les corniches et les baies, de factures variées, soulignent cette évolution. Malgré les dégâts causés par l'humidité et les réparations sommaires, l'édifice conserve une unité visuelle grâce à la cohérence des voûtes et à la hauteur uniforme des vaisseaux.