Frise chronologique
1387
Premier pouillé de Comminges
Premier pouillé de Comminges
1387 (≈ 1387)
Neuf chanoines mentionnés dans l’église.
1596
Fonte de la cloche *Abraham*
Fonte de la cloche *Abraham*
1596 (≈ 1596)
Classée Monument Historique, fondue par la confrérie.
1834
Projet de reconstruction
Projet de reconstruction
1834 (≈ 1834)
Église jugée trop petite pour les curistes.
1847–1857
Reconstruction par Émile Loupot
Reconstruction par Émile Loupot
1847–1857 (≈ 1852)
Nef et chevet néo-romans édifiés.
1892
Remontage du portail roman
Remontage du portail roman
1892 (≈ 1892)
Intégré à la façade nord.
2003
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
2003 (≈ 2003)
Protection de l’édifice et de son décor.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité, avec l'ensemble de son décor (cad. AE 445) : inscription par arrêté du 24 juillet 2003
Personnages clés
| Émile Loupot - Architecte |
Reconstruit l’église (1847–1857 et 1890–1897). |
| Romain Cazes - Peintre |
Auteur des peintures murales (1852–1856). |
| Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d’orgues |
Créa l’orgue en 1870. |
| Bertrand Bernard - Peintre décorateur |
Collabora avec Cazes pour les décors. |
| Pierre Queval - Organiste en résidence |
Titulaire depuis 2020 pour les concerts. |
| Erwan Letertre - Organiste titulaire |
Responsable des cérémonies religieuses depuis 2019. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Bagnères-de-Luchon, située en Haute-Garonne, trouve ses origines au XVIe siècle avec une première église romane de forme cruciforme (24 m x 24 m), dédiée à la Vierge et dotée d’un clocher à trois étages. Ce lieu de culte abritait neuf chanoines dès 1387 et était entouré du cimetière communal au XVIIIe siècle. Son portail en marbre de Saint-Béat, orné de citations latines, fut préservé lors de la reconstruction.
La reconstruction actuelle, menée entre 1847 et 1857 par l’architecte Émile Loupot, fut motivée par l’afflux de curistes estivaux. Le nouvel édifice néo-roman, allongé de 10 mètres, intègre une nef unique de 45 m de long, un chevet à absides, et des chapelles latérales. Les peintures murales, réalisées par Romain Cazes (1852–1856), et l’orgue Aristide Cavaillé-Coll (1870) en font un ensemble artistique remarquable. La façade ouest, reconstruite en 1897, et les restaurations récentes (2017) des peintures et de la toiture témoignent de son importance patrimoniale.
L’église conserve des éléments historiques majeurs : une cloche de 1596 classée, des sarcophages mérovingiens découverts en 1977, et des vitraux du XIXe siècle, dont ceux dédiés à sainte Germaine de Pibrac. Les chapelles abritent des œuvres de Cazes et Bernard, comme la Chapelle Notre-Dame du Rosaire (1867), tandis que l’orgue, classé en 2016, reste un symbole de la vie culturelle locale. L’édifice, inscrit aux Monuments Historiques en 2003, illustre l’évolution architecturale et spirituelle de la région.
Le mobilier liturgique, incluant des statues des XVe–XVIIIe siècles et des bannières du XIXe, complète ce patrimoine. Les peintures de l’abside, représentant la Divine Liturgie, et le Couronnement de la Vierge (voûte fissurée), soulignent le lien entre art sacré et thermalisme. L’association locale, aux côtés de la Région Occitanie, a permis la sauvegarde de ces trésors, tout en révélant les défis structurels de l’édifice.
L’histoire de l’église reflète aussi celle de Bagnères-de-Luchon : d’un lieu médiéval entouré de son cimetière à un symbole de la ville thermale du XIXe siècle. Les transformations successives, des fondations mérovingiennes aux restaurations contemporaines, en font un témoin clé de l’identité commingeoise et pyrénéenne.