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Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Casteljaloux dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise de style classique Eglise gothique

Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Casteljaloux

    Place de l'Église
    47700 Casteljaloux
Propriété de la commune ; propriété d'une société privée
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Église Notre-Dame-de-lAssomption de Casteljaloux
Crédit photo : Henry Salomé - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1568
Destruction de l'église primitive
Années 1680
Début de la reconstruction
1711
Achèvement des voûtes
1758–1763
Achèvement de la façade
1899–1900
Restauration de la façade
1943
Pose du vitrail pétainiste
26 novembre 1998
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise, en totalité, et le portique attenant à l'église fermant sur la rue la parcelle 88 (cad. AD 88, 89) : inscription par arrêté du 26 novembre 1998

Personnages clés

Michel Marsaudon - Architecte Conçut la façade en 1733, au service du duc de Bouillon.
Jean Marsaudon - Architecte, fils de Michel Termina la façade entre 1758 et 1763.
Philippe Pétain - Chef de l'État français (1940–1944) Honné par le vitrail de 1943 (symbole francisque).
Amiral François Darlan - Homme politique du régime de Vichy Évoqué par une ancre marine sur le vitrail.

Origine et histoire

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Casteljaloux trouve ses origines dans une première église gothique du XVe siècle, détruite en 1568 par les protestants lors des guerres de Religion. Ce bâtiment abritait alors un chapitre de chanoines, et sa destruction marqua le début d’une longue période de reconstruction, retardée par les tensions religieuses entre catholiques et protestants dans la région.

La reconstruction débuta dans les années 1680, dans un contexte de reconquête catholique après la révocation de l’édit de Nantes (1685). Les chanoines conservèrent les fondations gothiques et le plan d’origine, mais adoptèrent un style architectural mêlant gothique (voûtes sur croisées d’ogives) et classique. Les travaux, financés en partie par une taxe sur le vin, avancèrent par étapes : le rez-de-chaussée fut achevé en 1684, les voûtes en 1711 (date gravée sur une clé), et la façade occidentale, conçue par l’architecte Michel Marsaudon, fut terminée entre 1758 et 1763 par son fils Jean.

Le XIXe siècle fut marqué par des restaurations majeures, notamment en 1899–1900, où l’État finança des travaux sur la façade. Cette intervention expliquera l’ajout exceptionnel de la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » sur le fronton, rare sur un édifice religieux. En 1863–1864, le chœur et le maître-autel furent restaurés, et en 1943, un vitrail controversé fut installé, rendant hommage au régime de Vichy via des symboles pétainistes (francisque) et une référence à l’amiral Darlan. Ce vitrail, commandé après des travaux financés par l’État, reflète les tensions politiques de l’époque.

L’église fut inscrite aux monuments historiques le 26 novembre 1998, reconnaissant sa valeur patrimoniale mêlant histoire religieuse, architecturale et politique. Son plan à nef unique bordée de chapelles, son clocher et sa façade classique en font un exemple singulier des reconstructions post-guerres de Religion en Aquitaine. Les clés de voûte datées de 1831 et 1943 témoignent des réparations successives, liées aux fragilités structurelles causées par les interruptions de chantier.

Parmi les éléments remarquables, le portique attenant à l’église, inclus dans la protection de 1998, et les statues des saints patrons de Casteljaloux (Saint-Michel et Saint-Raphaël), ajoutées en 1900 dans les niches de la façade. L’édifice, propriété de la commune et d’une société privée, incarne ainsi près de cinq siècles d’histoire locale, entre conflits religieux, restaurations et adaptations aux régimes politiques successifs.

Liens externes