Frise chronologique
1687-1692
Construction de l'église
Construction de l'église
1687-1692 (≈ 1690)
Lancée par Henri-Jules de Bourbon-Condé, plans de Jules Hardouin-Mansart.
31 mars 1692
Consécration de l'église
Consécration de l'église
31 mars 1692 (≈ 1692)
Date officielle de fondation de Chantilly.
1724-1734
Agrandissement de l'église
Agrandissement de l'église
1724-1734 (≈ 1729)
Extension ordonnée par Louis IV Henri de Bourbon-Condé.
1793
Profanation révolutionnaire
Profanation révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Transformation en temple de la Raison, vol des cœurs des Condé.
1854
Inauguration du monument des cœurs
Inauguration du monument des cœurs
1854 (≈ 1854)
Financé par le duc d’Aumale, aujourd’hui cénotaphe.
30 septembre 1965
Classement monument historique
Classement monument historique
30 septembre 1965 (≈ 1965)
Reconnaissance de son architecture et de son histoire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame de l'Assomption (cad. AH 2) : classement par arrêté du 30 septembre 1965
Personnages clés
| Louis II de Bourbon-Condé (Grand Condé) - Commanditaire initial |
Testament prévoyant la construction de l’église. |
| Henri-Jules de Bourbon-Condé - Initiateur des travaux |
Fils du Grand Condé, finance et supervise la construction. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte |
Auteur des plans de l’église et des Invalides. |
| Louis de Boullogne - Peintre des retables |
Auteur des cinq tableaux originaux classés. |
| Louis VI Henri de Bourbon-Condé (duc d’Aumale) - Mécène du XIXe siècle |
Finance le monument des cœurs et restaurations. |
| Louis Charpentier - Curé résistant |
Déporté à Mauthausen pour son sermon. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Chantilly, située dans le département de l’Oise en région Hauts-de-France, fut construite entre 1687 et 1692 à l’initiative du prince Henri-Jules de Bourbon-Condé. Ce projet répondait au vœu testamentaire de son père, le Grand Condé, qui souhaitait offrir un lieu de culte aux habitants de Chantilly, alors en pleine expansion démographique due aux travaux du domaine princier. Les plans furent dessinés par l’architecte Jules Hardouin-Mansart, et l’édifice fut achevé en un temps record, reflétant le style classique sobre typique de l’époque.
L’église fut conçue pour pallier l’absence de lieu de culte accessible aux ouvriers et domestiques du château, contraints de se rendre à Saint-Léonard ou Gouvieux, paroisses éloignées. Le Grand Condé, conscient des difficultés logistiques et religieuses, avait envisagé dès 1684 la construction d’une chapelle. À sa mort en 1686, son fils Henri-Jules héritera de cette mission, financée par la fortune familiale. L’inspection de 1692 révèle une église spacieuse pour 500 à 600 personnes, bien que dépourvue de fonts baptismaux et de bénitier à son achèvement.
La fondation de la paroisse de Chantilly en 1692 marqua un tournant, avec son démembrement des paroisses voisines de Saint-Léonard et Gouvieux. Le curé, nommé par le prince, bénéficiait de revenus annuels fixés à 300 livres, tandis que la fabrique recevait une somme identique pour l’entretien. L’église fut consacrée le 31 mars 1692, date considérée comme celle de la fondation officielle de Chantilly. Les reliques des saints Hermès et Sigismond y furent placées, et des tableaux commandés à Louis de Boullogne vinrent orner les autels.
Entre 1724 et 1734, l’église fut agrandie pour répondre à la croissance démographique, passant de trois à quatre travées et voyant ses bas-côtés étendus. Cet agrandissement, ordonné par Louis IV Henri de Bourbon-Condé, porta la superficie de l’édifice à plus de 70 % de sa taille initiale. Le cimetière adjacent fut inauguré en 1736, tandis que l’église devint un lieu de célébrations princières lors des fêtes religieuses majeures.
La Révolution française marqua un tournant dramatique : en 1793, l’église fut transformée en temple de la Raison, ses objets sacrés brûlés ou volés, et les cœurs des princes de Condé, transférés depuis Paris en 1791, furent profanés. Le curé Robert, réfractaire à la constitution civile du clergé, fut déporté et mourut en 1809. Les cœurs, sauvés par un habitant, furent réinstallés dans l’église en 1814, avant d’être définitivement transférés dans la chapelle du château en 1883.
Au XIXe siècle, l’église retrouva sa vocation religieuse, avec des restaurations et l’ajout de monuments commémoratifs, comme celui dédié aux cœurs des Condé en 1854. L’orgue, installé en 1858 par Aristide Cavaillé-Coll, et les tableaux classés monuments historiques en 1912, témoignent de son riche patrimoine artistique. Aujourd’hui, l’église Notre-Dame-de-l’Assomption reste un édifice emblématique, classé monument historique en 1965, et un symbole de l’histoire religieuse et princière de Chantilly.