Frise chronologique
Fin XIe - Début XIIe siècle
Construction du clocher roman
Construction du clocher roman
Fin XIe - Début XIIe siècle (≈ 1225)
Clocher atypique sur croisillon sud.
XIVe siècle
Création des fonts baptismaux
Création des fonts baptismaux
XIVe siècle (≈ 1450)
Sculptures végétales et animales.
Milieu XVIe siècle
Construction du chœur Renaissance
Construction du chœur Renaissance
Milieu XVIe siècle (≈ 1650)
Voûtes et chapiteaux ornés.
1697
Avis d’effondrement imminent
Avis d’effondrement imminent
1697 (≈ 1697)
Réparations urgentes ordonnées.
Vers 1700
Rénovations classiques
Rénovations classiques
Vers 1700 (≈ 1700)
Portail refait, fenêtres élargies.
28 juin 1974
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
28 juin 1974 (≈ 1974)
Protection de l’édifice entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. 1971 A 699) : inscription par arrêté du 28 juin 1974
Personnages clés
| Eudes de Frémécourt - Seigneur local en 1190 |
Premier propriétaire attesté du village. |
| Vincent de Marais - Grand vicaire de Pontoise |
Signale l’état critique en 1697. |
| Pierre Coquelle - Historien et archéologue |
Étudie les clochers romans du Vexin. |
| Bernard Duhamel - Auteur du *Guide des églises du Vexin* |
Analyse architecturale détaillée en 1988. |
| Georges Ier d’Amboise - Archevêque de Rouen (1495-1510) |
Mécène possible du tableau Renaissance. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Frémécourt, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice composite dont les parties les plus anciennes remontent au XIIe siècle. Son clocher roman, atypique car construit sur le croisillon sud du transept plutôt qu’à la croisée, est daté de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle. La nef, d’origine romane, a subi des remaniements gothiques et classiques, notamment autour de 1700, lorsque l’église, menacée d’effondrement, fut réparée. Le chœur, de style Renaissance (milieu du XVIe siècle), contraste avec la simplicité du reste de l’édifice par ses voûtes ornées et ses chapiteaux sculptés.
Les fonts baptismaux du XIVe siècle, richement décorés de motifs végétaux et animaux, constituent l’un des éléments mobiliers les plus remarquables. Classée monument historique en 1974, l’église attend toujours une restauration complète. Son mobilier inclut aussi un tableau anonyme du XVIe siècle, inspiré de la Renaissance italienne, et un ancien maître-autel orné de bas-reliefs symboliques. Malgré son inscription, l’édifice, peu utilisé pour le culte, illustre le déclin de la vie paroissiale rurale.
L’histoire de Frémécourt, attesté depuis 1190, est liée à l’archidiocèse de Rouen jusqu’à la Révolution, puis au diocèse de Pontoise à partir de 1966. Le village, intégré au Parc naturel régional du Vexin français, conserve une église dont l’extérieur, sobre, masque une richesse intérieure méconnue. Les remaniements successifs, notamment après l’avis de 1697 signalant son état critique, ont effacé une partie de son caractère originel, tout en ajoutant des éléments classiques comme le portail occidental.
Le clocher, bien que roman, se distingue par sa transition octogonale au-dessus du beffroi, suggérant un projet inachevé d’étage supérieur. Cette particularité architecturale, rare dans la région, le rapproche d’autres clochers du Vexin comme ceux de Brueil-en-Vexin ou Tracy-le-Val. À l’intérieur, les clés de voûte du chœur, ornées de motifs Renaissance (rosaces, chérubins, rinceaux), et les chapiteaux aux feuilles d’acanthe et têtes de chou, témoignent d’une influence artistique éclectique, mêlant héritage médiéval et innovations de la Renaissance.
La nef, dépourvue de voûtes, adopte un style « nef-grange » typique des églises rurales, avec une charpente apparente et des murs enduits de blanc. Les vitraux, remaniés aux XVIIe et XVIIIe siècles, et le portail classique inachevé reflètent les adaptations successives de l’édifice. Aujourd’hui, l’église, propriété communale, n’accueille que deux messes annuelles, symbolisant le déclin des pratiques religieuses dans les campagnes vexinoises. Son mobilier classé, partiellement transféré au musée du Vexin français, atteste cependant de son passé riche et de son rôle central dans la vie locale avant la sécularisation.