Frise chronologique
Fin XIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
Fin XIe siècle (≈ 1195)
Nef unique simple, typique de l'art roman.
Début XIIe siècle (avant 1127)
Construction du portail roman
Construction du portail roman
Début XIIe siècle (avant 1127) (≈ 1204)
Portail à colonnettes et chapiteaux sculptés.
Vers 1230
Construction du transept et chœur gothiques
Construction du transept et chœur gothiques
Vers 1230 (≈ 1230)
Architecture élégante, annoncant le style rayonnant.
XIXe siècle
Restaurations néo-gothiques
Restaurations néo-gothiques
XIXe siècle (≈ 1865)
Remaniement du croisillon nord et décoration intérieure.
16 juin 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
16 juin 1926 (≈ 1926)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 16 juin 1926
Personnages clés
| Abbé Vital Jean Gautier - Historien local |
Auteur d’une hypothèse sur la fondation de la paroisse. |
| Pierre de Pedou - Écuyer du XIVe siècle |
Dalle funéraire classée dans l’église (1333). |
| Jacques de Létin - Peintre du XVIIe siècle |
Auteur attribué de tableaux classés. |
| Pierre Coquelle - Historien de l’art |
A étudié le portail roman de l’église. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Gouzangrez, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice composite marquant l’évolution architecturale entre les XIe et XIIIe siècles. Sa nef unique, d’une simplicité romane caractéristique de la fin du XIe siècle, contraste avec son transept et son chœur gothiques, construits vers 1230. Ce mélange stylistique reflète son double rôle d’église paroissiale et priorale, sous la tutelle de l’abbaye Saint-Vincent de Senlis. Le portail occidental, daté des années 1120, est l’élément roman le plus remarquable, avec ses chapiteaux sculptés de motifs végétaux stylisés et son archivolte ornée de fleurs de marguerite.
Le chœur, exceptionnellement long pour une église rurale, témoigne de l’importance du prieuré voisin, dissous à la Révolution. Ses voûtes, refaites à la Renaissance, intègrent des profils méplats typiques de cette période, tandis que les fenêtres en lancettes simples rappellent le gothique primitif. Le croisillon nord, profondément remanié au XIXe siècle dans un style néo-gothique, et le clocher, reconstruit sans ornements après un effondrement, illustrent les transformations successives de l’édifice. À l’intérieur, la croisée du transept conserve son architecture gothique d’origine, malgré des modifications ultérieures.
L’église abrite un mobilier classé, dont deux statues de la Vierge à l’Enfant du XIVe siècle et trois tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, attribués à Jacques de Létin ou son atelier. Le cimetière adjacent, avec sa croix du XIIIe siècle, et le logis de l’ancien prieuré, vendu comme bien national, complètent cet ensemble historique. Classée monument historique en 1926, l’église reste un lieu de culte occasionnel, affilié à la paroisse d’Avernes et Marines, et un marqueur identitaire du village de Gouzangrez.
La façade occidentale, appareillée en pierre de taille, porte les traces d’un ancien porche, tandis que les élévations latérales, en moellons irréguliers, révèlent des contreforts et des fenêtres romanes remaniées. Le chevet, à abside heptagonale, s’inscrit dans la tradition des églises vexinoises du XIIIe siècle, avec des contreforts minces et des fenêtres dépourvues de décoration. Les chapelles latérales, aujourd’hui disparues, ouvraient autrefois sur le chœur par des arcades bouchées, suggérant une organisation spatiale complexe.
Les transformations majeures, comme le revoûtement Renaissance ou les restaurations néo-gothiques, ont altéré certains éléments originaux, mais l’église conserve des traces de son histoire médiévale, notamment dans les chapiteaux du transept, sculptés de feuilles stylisées annonçant le gothique rayonnant. L’ensemble, incluant le cimetière et le prieuré, forme un site remarquable, inscrit au titre des monuments historiques, et reflète près de mille ans d’histoire religieuse et architecturale en Vexin français.