Frise chronologique
1210-1230
Construction initiale
Construction initiale
1210-1230 (≈ 1220)
Édification de la nef, transept et chœur.
milieu XIIIe siècle
Voûtement de la nef
Voûtement de la nef
milieu XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout tardif des voûtes gothiques.
1793
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Interdiction du culte sous la Terreur.
1802
Suppression de la paroisse
Suppression de la paroisse
1802 (≈ 1802)
Rattachement définitif à Ableiges.
20 novembre 1931
Classement MH
Classement MH
20 novembre 1931 (≈ 1931)
Inscription aux monuments historiques.
1988
Restauration complète
Restauration complète
1988 (≈ 1988)
Sauvetage in extremis de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Villeneuve-Saint-Martin : inscription par arrêté du 20 novembre 1931
Personnages clés
| Abbaye Saint-Martin de Pontoise - Fondateur et seigneur |
Commanditaire de l’église au XIIIe siècle. |
| Nicolas Leclerc - Fondeur de cloche |
Auteur de la cloche de 1603. |
| Jacques Darcourt - Maire d’Ableiges |
Initiateur de la restauration en 1988. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-l'Assomption, située dans le hameau de La Villeneuve-Saint-Martin à Ableiges (Val-d’Oise), fut construite entre 1210 et 1230 dans un style gothique primitif. Fondée par l’abbaye Saint-Martin de Pontoise, elle se composait initialement d’une nef de deux travées, d’un transept et d’un chœur à chevet plat. Les voûtes de la nef, ajoutées ultérieurement, et l’étage de beffroi du clocher, jamais achevé, témoignent d’une évolution architecturale inaboutie. Un bas-côté nord, aujourd’hui disparu, fut adjoint à une époque indéterminée.
Au XIXe siècle, la suppression de la paroisse en 1802 et le rattachement du hameau à Ableiges en 1843 entraînent un abandon progressif de l’édifice. Le croisillon sud est remplacé par une sacristie, tandis que les voûtes de la nef et du croisillon nord sont démolies. Classée monument historique en 1931, l’église, proche de la ruine, bénéficie d’une restauration complète en 1988. Son intérieur révèle une croisée de transept et un chœur d’une qualité architecturale remarquable, contrastant avec la simplicité extérieure.
L’église conserve un mobilier notable, dont une cloche en bronze de 1603 classée, un Christ en croix du XVIe siècle et un retable Renaissance tardif orné de statues des XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, elle accueille occasionnellement des messes dominicales. Son histoire reflète les bouleversements religieux et sociaux, de la fondation médiévale à la Révolution, en passant par les restaurations contemporaines.
Extérieurement, l’édifice se distingue par ses contreforts saillants et son clocher inachevé, typiques des églises rurales du Vexin. Les fenêtres sans ornements, les baies murées et l’absence de corniches trahissent des économies de construction et des mutilations postérieures. Malgré ces altérations, la régularité de l’appareil en pierre et la qualité des voûtes intérieures en font un témoignage précieux de l’architecture gothique locale.
Sous l’Ancien Régime, la paroisse dépendait de l’archidiocèse de Rouen et du doyenné de Meulan. Fermée sous la Terreur en 1793, elle ne rouvrit pas sous le Directoire, avant d’être définitivement rattachée à Ableiges en 1802. Les boiseries du XVIIIe siècle, le confessionnal intégré et les aménagements liturgiques illustrent les adaptations successives de l’espace, entre culte paroissial et chapelle de secours.
La restauration de 1988, menée sous l’impulsion du maire Jacques Darcourt, a permis de sauver l’édifice d’une démolition imminente. Aujourd’hui en excellent état, l’église allie sobriété extérieure et richesse intérieure, avec des chapiteaux sculptés, des clés de voûte ouvragées et un mobilier heterogeneous, reflétant près de huit siècles d’histoire religieuse et architecturale.