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Frise chronologique
537-590
Première mention par Grégoire de Tours
Première mention par Grégoire de Tours
537-590 (≈ 564)
Église citée dans ses écrits historiques.
VIIe siècle
Fondation du monastère féminin
Fondation du monastère féminin
VIIe siècle (≈ 750)
Par l’évêque Saint-Priest, sous règle de saint Césaire.
828
Restitution aux chanoines de Tours
Restitution aux chanoines de Tours
828 (≈ 828)
Par Pépin Ier d’Aquitaine, petit-fils de Charlemagne.
1095
Rattachement à Cluny
Rattachement à Cluny
1095 (≈ 1095)
Par le pape Urbain II lors de sa prédication.
1165
Adoption de la règle bénédictine
Adoption de la règle bénédictine
1165 (≈ 1165)
Sous obédience de l’abbaye de Mozac.
XIVe-XVIe siècles
Remaniements architecturaux
Remaniements architecturaux
XIVe-XVIe siècles (≈ 1650)
Démontage du portail, ajout de la nef sud.
1698
Attestation de la ceinture de la Vierge
Attestation de la ceinture de la Vierge
1698 (≈ 1698)
Par l’évêque de Clermont comme relique majeure.
19 février 1971
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
19 février 1971 (≈ 1971)
Protection officielle de l’édifice et du cloître.
1992
Début des restaurations du cloître
Début des restaurations du cloître
1992 (≈ 1992)
Après des siècles d’abandon post-Révolution.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. E 345) : inscription par arrêté du 19 février 1971
Personnages clés
| Grégoire de Tours - Historien et évêque |
Premier à mentionner l’église (537-590). |
| Saint-Priest - Évêque de Clermont (VIIe siècle) |
Fonda le monastère féminin de Marsat. |
| Saint Calmin et sainte Namadie - Fondateurs de Mozac et bienfaiteurs |
Se retirent à Marsat, ouvrent le couvent. |
| Pépin Ier d’Aquitaine - Roi d’Aquitaine (817-838) |
Restitue Marsat aux chanoines de Tours. |
| Urbain II - Pape (1088-1099) |
Place Marsat sous obédience de Cluny. |
| Guillaume Duprat - Évêque de Clermont (XVIe siècle) |
Initiateur des travaux du couvent (vers 1550). |
| Gabrielle Dufour de Villerose - Dernière prieure (1732-1776) |
Marque la fin de la vie monastique. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Marsat, située dans le Puy-de-Dôme, trouve ses origines au VIIe siècle, lorsque l’évêque Saint-Priest y fonde un monastère féminin sous la règle de saint Césaire d’Arles. Ce monastère, mentionné dès 537-590 par Grégoire de Tours, abrite des reliques prestigieuses comme la ceinture de la Vierge et une épine de la Sainte Couronne. En 1165, la communauté adopte la règle bénédictine sous l’obédience de l’abbaye de Mozac, après avoir été dirigée par des nobles locales comme Gondelana ou sainte Namadie, épouse de saint Calmin, fondateur de Mozac. Le site devient un lieu de pèlerinage réputé, notamment grâce à la Vierge noire vénérée pour ses miracles, comme la protection de Riom contre les Normands au Xe siècle.
L’église actuelle résulte d’une superposition d’époques : la nef nord (Xe siècle), dédiée à l’Assomption, et la nef sud (XIIe siècle), dédiée à l’Annonciation, avec des chœurs respectifs des XIVe et XVIe siècles. Le clocher octogonal date des XVIIIe-XIXe siècles. L’édifice, remanié à plusieurs reprises (démontage du portail ouest au XIVe et XVIe siècles, déplacement de l’entrée au sud), conserve des éléments romans comme six chapiteaux sculptés. Le maître-autel (XVIIe siècle), classé monument historique, et la chapelle de la Vierge (XVIe siècle) abritent des œuvres marquantes, dont la statue miraculeuse. Le cloître, construit vers le VIIe siècle et restauré au XXe siècle, témoigne de la vie monastique avant sa destruction partielle après la Révolution.
Le monastère de Marsat, propriété disputée entre les chanoines de Saint-Martin de Tours et les Carolingiens (notamment Pépin Ier d’Aquitaine et Charles II le Chauve), est placé sous l’autorité de Cluny en 1095 par le pape Urbain II. La Roue de Cire, tradition née au XIIIe siècle, lie Riom à Marsat : chaque année, les marguilliers offrent un fil de cire de 250 mètres en hommage à la Vierge, perpétuant un vœu de protection contre les incendies. Après la Révolution, le couvent, pillé et divisé en parcelles, perd une grande partie de son patrimoine. Seuls les efforts des villageois et des restaurations récentes (depuis 1992) ont permis de sauver une partie de ce site, inscrit aux monuments historiques en 1971.
Parmi les reliques et objets notables, la ceinture de la Vierge (attestée en 1698) et la Vierge noire (vénérée depuis Grégoire de Tours) attirent les pèlerins. Les chapiteaux romans, les voûtes gothiques (XIVe siècle) et les culs-de-lampe sculptés illustrent l’évolution architecturale du site. Le déclin du monastère s’accélère après le départ de la dernière prieure, Gabrielle Dufour de Villerose (1732-1776), et la liquidation des biens par sœur Gilberte de Barbecot en 1794. Aujourd’hui, l’église et son cloître partiellement restauré rappellent ce passé monastique riche, entre spiritualité, pouvoir politique et dévotion populaire.