Frise chronologique
1071
Donation à l'abbaye de Saint-Denis
Donation à l'abbaye de Saint-Denis
1071 (≈ 1071)
Acte de Jean d'Ivry confirmant la propriété.
1190-1240
Construction des travées orientales
Construction des travées orientales
1190-1240 (≈ 1215)
Campagnes gothiques successives pour le chœur.
1570-1590
Construction de la nef Renaissance
Construction de la nef Renaissance
1570-1590 (≈ 1580)
Inspirée par Nicolas Le Mercier.
1640
Intégration au parc du château
Intégration au parc du château
1640 (≈ 1640)
Façade occidentale enclavée par Jean II de Dosnon.
1714
Ajout du porche sud
Ajout du porche sud
1714 (≈ 1714)
Endommagement de la frise des Apôtres.
8 avril 1941
Classement monument historique
Classement monument historique
8 avril 1941 (≈ 1941)
Protection officielle de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 8 avril 1941
Personnages clés
| Jean d'Ivry - Archevêque de Rouen |
Donateur de l'église à Saint-Denis en 1071. |
| Jean II de Dosnon - Seigneur de Montgeroult |
A enclos l'église dans son parc en 1640. |
| Louis Chevalier - Président du Parlement de Paris |
Financeur des boiseries et du retable en 1728. |
| Nicolas Le Mercier - Architecte (attribué) |
Inspiration pour la nef Renaissance (1570-1590). |
| Abbé Loisel - Historien local |
Auteur d'une *Notice historique* en 1873. |
| Noël Guestin - Curé de Montgeroult |
Commanditaire du porche en 1714. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Montgeroult, située dans le Val-d'Oise, trouve ses origines au XIe siècle, avec une première mention en 1071 lors de sa donation à l'abbaye de Saint-Denis par l'archevêque Jean d'Ivry. Ce lien avec l'abbaye, confirmée par Guillaume Ier de Normandie, marque son appartenance ecclésiastique et son rôle dans le Vexin français sous l'Ancien Régime. L'édifice, initialement modeste, est progressivement reconstruit entre le XIIe et le XIIIe siècle, reflétant l'évolution des styles architecturaux, du roman primitif au gothique rayonnant.
La structure actuelle résulte de plusieurs campagnes de construction distinctes. Entre 1190 et 1240, six travées orientales sont édifiées, intégrant des éléments gothiques comme les galeries ouvertes sur combles dans le chœur. La base du clocher, partiellement romane, est remaniée au XIIIe siècle, tandis que la nef et ses bas-côtés, de style Renaissance, sont construits vers 1570-1590 par un architecte inspiré de Nicolas Le Mercier. Ces transformations illustrent les adaptations successives aux besoins liturgiques et aux influences artistiques régionales.
Au XVIIe siècle, l'église subit des modifications majeures liées à l'expansion du domaine seigneurial. En 1640, la façade occidentale est intégrée au parc du château, rendant son portail inaccessible. En 1714, un porche est ajouté devant le portail sud, endommageant une frise des Apôtres, joyau de l'édifice. Le président Chevalier, propriétaire du château au début du XVIIIe siècle, finance des réparations et dote l'église de boiseries et d'un retable baroque, tout en supprimant la rue menant à l'édifice pour agrandir son domaine.
Classée monument historique en 1941, l'église conserve des éléments remarquables comme une Vierge à l'Enfant du XIVe siècle, classée en 1907, et un Christ en croix du XIIIe-XIVe siècle. Son mobilier, incluant retables et épitaphes, témoigne de son rôle central dans la vie paroissiale et seigneuriale. Malgré des dégradations révolutionnaires et un déclin de la pratique religieuse, elle reste affiliée à la paroisse Avernes et Marines, avec des messes célébrées quatre fois par an.
L'architecture de l'église révèle une superposition de styles : gothique pour le chœur et les chapelles latérales, Renaissance pour la nef et les bas-côtés. Les campagnes de restauration, notamment au XIXe et XXe siècles, ont préservé des détails comme les modillons de la corniche sud ou les chapiteaux sculptés. Les vitraux, les voûtes et les décors intérieurs, bien que partiellement altérés, offrent un aperçu des techniques et des goûts artistiques des époques successives.
Aujourd'hui, l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, bien que partiellement enclavée par le parc du château, reste un symbole du patrimoine vexinois. Son histoire, marquée par des liens avec l'abbaye de Saint-Denis, des seigneurs locaux et des artisans renommés, en fait un édifice emblématique de l'Île-de-France, alliant spiritualité, pouvoir seigneurial et évolution architecturale.