Frise chronologique
1634-1649
Disparition du hameau
Disparition du hameau
1634-1649 (≈ 1642)
Destruction pour un château sur le plateau d’Avron.
1926
Décision de construction
Décision de construction
1926 (≈ 1926)
Abbé Laforge convainc Mgr Gibier d’édifier l’église.
1928
Acquisition du terrain
Acquisition du terrain
1928 (≈ 1928)
Terrain boisé cédé à l’évêché via souscription locale.
1932
Début des travaux
Début des travaux
1932 (≈ 1932)
Architecte Henri Cornus dirige le chantier.
14 décembre 1958
Création de la paroisse
Création de la paroisse
14 décembre 1958 (≈ 1958)
L’église devient paroissiale sous le diocèse de Saint-Denis.
2 février 2004
Classement partiel
Classement partiel
2 février 2004 (≈ 2004)
Façades, vitraux et mobilier inscrits aux Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures ; l'ensemble des vitraux et du mobilier (chemin de croix, fonts baptismaux, consoles, statue de la Vierge et statue du Sacré-Coeur) (cad. A1 392) : inscription par arrêté du 2 février 2004
Personnages clés
| Ernest Laforge - Abbé et initiateur |
Porta le projet auprès de l’évêché de Versailles. |
| Henri Cornus - Architecte |
Conçut l’église en béton et briques (1932). |
| Louis Barillet - Maître-verrier |
Réalisa les 26 vitraux enchâssés dans le ciment. |
| Léon Guillemaind - Mosaïste |
Auteur du Chemin de croix et des fonts baptismaux. |
| Georges Serraz - Sculpteur |
Créa la statue de la Vierge en façade. |
| Charles Jacob - Sculpteur |
Statue du Sacré-Cœur (classée Monument Historique). |
| François Mauriac - Intellectuel catholique |
Soutien moral au projet dans les années 1930. |
| Paul Claudel - Intellectuel catholique |
Figure parmi les soutiens du projet. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Neuilly-Plaisance fut construite au 2e quart du XXe siècle (1932) sur le plateau d’Avron, un lieu historiquement dédié à sainte Marie depuis le XVIIe siècle. À l’origine, ce site abritait un hameau disparu entre 1634 et 1649 lors de la construction d’un château. Au début du XXe siècle, le plateau, dépourvu de lieu de culte, devint un enjeu pour l’Église catholique, soucieuse de rechristianiser la banlieue parisienne alors marquée par l’influence communiste (la « ceinture rouge »). L’initiative fut portée par l’abbé Ernest Laforge, qui convainquit en 1926 Mgr Gibier, évêque de Versailles, de bâtir une église. Un terrain boisé avec une mare fut acquis en 1928 grâce à une souscription locale, posant les bases du projet.
Les travaux, confiés à l’architecte Henri Cornus, débutèrent en 1932 dans un contexte de tension idéologique. Le style de l’édifice, inspiré de l’église Notre-Dame du Raincy, mêle briques et béton armé, avec des verrières signées Louis Barillet et des claustras en béton. Le clocher, flanqué de clochetons et surmonté d’une flèche quadrangulaire, domine une nef unique à quatre travées. L’église fut érigée sur trente pieux en béton enfoncés jusqu’au gypse, en raison de la nature instable du sous-sol. Son mobilier, comme le Chemin de croix en mosaïque (Léon Guillemaind) ou les statues de la Vierge (Georges Serraz) et du Sacré-Cœur (Charles Jacob, inscrite aux Monuments Historiques), reflète un artisanat d’exception.
Inaugurée comme paroisse en 1958, l’église symbolise aussi un héritage mémoriel : un chêne planté en 1880 devant l’édifice commémore une bataille de la guerre de 1870 survenue à cet endroit. Les façades, toitures, vitraux et mobilier furent classés en 2004, soulignant leur valeur patrimoniale. Le projet bénéficia du soutien d’intellectuels catholiques comme François Mauriac, Paul Claudel et André Maurois, illustrant son ancrage culturel et religieux dans l’entre-deux-guerres.
Architecturalement, l’église se distingue par sa baie tripartite en arc brisé, ornée d’une résille de béton conçue pour accueillir les vitraux. À l’intérieur, les 26 vitraux de Barillet, enchâssés dans du ciment, dialoguent avec les mosaïques et sculptures pour créer une atmosphère à la fois moderne et sacrée. Le clocher, relié par une passerelle à une tourelle d’accès, incarne une esthétique fonctionnelle et symbolique, typique des constructions religieuses de l’époque.
L’édifice s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête spirituelle face à la sécularisation croissante des banlieues ouvrières. Bien que non liée à l’Œuvre des Chantiers du Cardinal (1931-1939), sa construction anticipe ces efforts en offrant un lieu de culte accessible à une population en pleine mutation sociale. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage de l’architecture religieuse du XXe siècle et de son rôle dans l’histoire urbaine de la Seine-Saint-Denis.