Frise chronologique
Vers 1070
Début de la construction actuelle
Début de la construction actuelle
Vers 1070 (≈ 1070)
Initiée par un seigneur de Chiffrevast.
XIIIe siècle
Ajout de la chapelle Saint-Jacques
Ajout de la chapelle Saint-Jacques
XIIIe siècle (≈ 1350)
Chapelle funéraire des seigneurs d’Anneville.
XVe siècle
Remaniments du chœur
Remaniments du chœur
XVe siècle (≈ 1550)
Voûtement ogival et chevet plat.
XVIIe siècle
Modification de la nef
Modification de la nef
XVIIe siècle (≈ 1750)
Allongement et agrandissement des fenêtres.
1755
Installation du portail
Installation du portail
1755 (≈ 1755)
Fronton triangulaire et statue de saint Mayeul.
1906
Classement monument historique
Classement monument historique
1906 (≈ 1906)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 19 mai 1906
Personnages clés
| Geoffroy de Montbray - Évêque de Coutances (XIe siècle) |
Période de construction initiale de l’église. |
| Jacques d’Anneville - Seigneur de Chiffrevast (XVe siècle) |
Commanditaire de la chapelle Saint-Jacques. |
| Guillaume d’Anneville - Seigneur de Chiffrevast (XVIe siècle) |
Époux de Marguerie Aubert, cœur déposé. |
| Michel Gigon - Peintre (XXe siècle) |
Auteur des cartons des verrières (1982). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Tamerville, édifiée à partir du XIe siècle sur l’initiative d’un seigneur de Chiffrevast, remplace une chapelle primitive disparue. Sa construction, interrompue par des invasions normandes au IXe siècle, reprend vers 1070 avec des ouvriers ramenés d’Angleterre. Le clocher octogonal, typique du XIIe siècle, et la nef romane, remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles, témoignent de cette histoire mouvementée.
Au XIIIe siècle, une chapelle latérale dédiée à saint Jacques est ajoutée à gauche du chœur par Jacques d’Anneville, seigneur de Chiffrevast, comme chapelle funéraire. Le XVe siècle voit des transformations majeures, notamment le voûtement ogival du chœur et son chevet plat. Les modillons romans, les fenêtres obstruées de la nef, et les vestiges de la porte sud décorée de billettes rappellent l’origine médiévale de l’édifice.
Classée monument historique en 1906, l’église abrite un mobilier remarquable : une Pietà du XVe siècle, des retables peints du XVIIIe, et des peintures murales des XVe et XVIe siècles. Des travaux modernes, comme l’ajout de verrières en 1982 d’après les cartons de Michel Gigon, ou la restauration de la nef en 1972, perpétuent son évolution. Une relique de saint Sulpice, partagée avec Fresville, renforce son ancrage spirituel local.
Le clocher, sur base carrée, se distingue par sa tour octogonale à deux étages, ornée de fenêtres aveugles et de frettes crénelées. Construite en pierre calcaire probablement issue des carrières d’Yvetot-Bocage, cette structure illustre l’art roman normand. La nef, prolongée de deux chapelles latérales en 1855, conserve des traces de ses transformations, comme les corniches à modillons et l’arc triomphal sculpté d’une scène de chasse au cerf.
L’église est aussi marquée par des ajouts baroques, comme le portail de 1755 surmonté d’une statue de saint Mayeul, ou les autels latéraux en trompe-l’œil du XVIIIe siècle. Son histoire reflète les évolutions architecturales et religieuses de la Normandie, des invasions vikings à l’époque moderne, en passant par les guerres de Religion et les reconstructions post-médiévales.