Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale et chapiteaux
Construction initiale et chapiteaux
XIIe siècle (≈ 1250)
Édification première et chapiteaux romans conservés.
1503
Arrêt du Parlement de Bordeaux
Arrêt du Parlement de Bordeaux
1503 (≈ 1503)
Financement des réparations par les revenus ecclésiastiques.
1511-1515
Remplacement des coupoles
Remplacement des coupoles
1511-1515 (≈ 1513)
Voûtes d’ogives en étoile pour le transept et la nef.
1782
Réparation du clocher
Réparation du clocher
1782 (≈ 1782)
Premiers travaux documentés sur la structure.
1852-1865
Restauration majeure
Restauration majeure
1852-1865 (≈ 1859)
Fondations et façade sud renforcées par Bouillon.
1882-1886
Reconstruction du clocher et façade
Reconstruction du clocher et façade
1882-1886 (≈ 1884)
Travaux dirigés par Jean-Louis Labbé.
15 novembre 1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
15 novembre 1926 (≈ 1926)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 15 novembre 1926
Personnages clés
| Félix de Verneilh - Historien de l’architecture |
A décrit les coupoles byzantines disparues. |
| Eugène Lefèvre-Pontalis - Architecte et historien |
A étudié la coursière unique en Périgord. |
| Bouillon - Architecte départemental (XIXe) |
Diagnostique les risques d’effondrement en 1852. |
| Jean-Louis Labbé - Architecte bordelais |
Reconstruit clocher et façade en 1882. |
| Lucien-Léopold Lobin - Maître-verrier |
Auteur d’un vitrail de la fin du XIXe siècle. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Thiviers, située en Dordogne, présente une structure originale marquée par des transformations majeures. Selon Félix de Verneilh, elle était initialement couverte de deux coupoles byzantines (une sur la nef, une sur le transept), aujourd’hui disparues. L’abside en hémicycle, refaite au XIIIe siècle avec un fond plat, et l’agrandissement de la nef par deux travées (dont une supportant le clocher) témoignent d’une évolution architecturale significative. Les chapiteaux du XIIe siècle, conservés dans le transept et le chœur, illustrent une exécution simple mais pittoresque, caractéristique de l’art roman régional.
Au XVIe siècle, des modifications majeures interviennent : la nef est entièrement voûtée d’ogives, et les coupoles effondrées sont remplacées par des voûtes en étoile (1511 pour le transept, 1515 pour la nef), comme en attestent les dates gravées. Un arrêt du Parlement de Bordeaux en 1503 ordonne même l’affectation des revenus de l’archiprêtre aux réparations. La coursière, élément rare en Périgord, est préservée sous la voûte, soulignant l’influence des églises du Sud-Ouest. Ces travaux reflètent les défis structurels et les adaptations stylistiques de l’époque.
Les XIXe et XVIIIe siècles sont marqués par des restaurations critiques. En 1782, le clocher est réparé, tandis qu’en 1852, un rapport de l’architecte Bouillon révèle l’absence de fondations, menaçant la stabilité de l’édifice. Les travaux entrepris entre 1860 et 1865 (façade sud, contreforts) et la reconstruction du clocher et de la façade occidentale par Jean-Louis Labbé en 1882 sauvent l’église de la ruine. En 1886, des renforcements supplémentaires (doublement des murs, contreforts) sont réalisés. Inscrite aux monuments historiques en 1926, l’église conserve aussi des vitraux de la fin du XIXe siècle, dont un signé Lucien-Léopold Lobin.
L’intérêt patrimonial de l’église réside dans ses chapiteaux romans primitifs (XIIe siècle) et son histoire architecturale mouvementée, illustrant les transitions entre les styles byzantin, gothique et néoclassique. Les sources, comme les écrits de Félix de Verneilh ou les rapports des architectes Bouillon et Labbé, documentent ces évolutions, bien que certaines affirmations (comme l’existence des coupoles) restent débattues faute de preuves matérielles. L’édifice incarne ainsi les défis de la conservation et les strata historiques d’un monument rural majeur en Nouvelle-Aquitaine.