Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-l'Assomption
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Villeneuve-sur-Yonne, dédiée à l’Assomption de la Vierge Marie, est un édifice emblématique mêlant les styles champenois et bourguignons. Sa première pierre fut posée en 1163 par le pape Alexandre III, la même année que celle de Notre-Dame de Paris. Le clocher, commencé au XIIIe siècle et achevé en style gothique flamboyant après 1546, culmine à 47 mètres. Classée monument historique en 1862, l’église se distingue par son portail dessiné en 1575 par Jean Cherreau, architecte de Joigny, et ses trois nefs de douze travées.
Les vitraux, datant des XIIIe, XIVe et XVIe siècles, sont classés monuments historiques depuis 1992. Parmi eux, le vitrail Renaissance de la chapelle Notre-Dame-des-Vertus illustre la vie de la Vierge, tandis que ceux du Jugement dernier (5e travée) sont attribués à Jean Cousin le Jeune. L’église abrite aussi des sculptures notables, comme l’aigle-lutrin du XVIIe siècle ou le groupe de La Mise au tombeau (XVIe siècle), classé en 1992 et provenant du monastère des Prémontrés de Dilo.
Les cloches de l’église, autrefois au nombre de sept (correspondant aux notes de la gamme), furent en partie fondues pendant la Révolution. Parmi les survivantes, la grosse cloche de 1 850 kg (1766, refondue en 1821) et une cloche de 1504 nommée Chiméry (refondue en 1946). Les orgues, construites en 1739 par Marcellin Tribuot, furent classées en 1997. L’édifice a fait l’objet de restaurations majeures, comme en 2012 (charpente et toiture pour 2,4 millions d’euros), ou la pose d’une nouvelle croix en 2016, remplaçant celle de 1597 détruite pendant la Révolution.
L’intérieur compte neuf chapelles aux dédicaces variées (Notre-Dame-des-Vertus, saint Nicolas, saint Joseph, etc.), ornées de statues médiévales, de vitraux narratifs et de tableaux classés. La chaire à prêcher du XVIe siècle, en chêne sculpté, provient du prieuré de l’Enfourchure. Parmi les peintures remarquables, La Madeleine (Pierre-Jacques Cazes, XVIIIe siècle), don du prince François-Xavier de Saxe, ou L’Adoration des bergers (François-Guillaume Ménageot, 1790), sauvée des réserves du Louvre en 1810.
L’église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif dépendant de la paroisse Sainte-Alpais (archidiocèse de Sens-Auxerre). Sa fête paroissiale, célébrée le 15 août avec feux d’artifice, perpétue une tradition ancestrale. Des événements comme une loterie en 1861 (100 000 F de capital) ou un match de gala en 2011 ont contribué à son financement, soulignant son ancrage dans la vie locale.