Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-l'Assomption
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Vouvant, classée monument historique en 1840 par Prosper Mérimée, trouve ses origines au XIe siècle sous l’impulsion de Guillaume le Grand d’Aquitaine. De cette première église, construite par l’abbé Théodelin de Maillezais, ne subsistent que trois travées (la Nef Théodelin), restaurées dans les années 1990 et aujourd’hui dédiées aux expositions. Ce vestige témoigne de l’ambition architecturale médiévale, bien que partiellement détruit.
La seconde phase majeure de construction date de la seconde moitié du XIIe siècle, avec l’édification du chœur, de l’abside, et des deux absidioles dans un style roman. Des fragments de statues, probablement issus du grand portail ouest disparu (emplacement actuel de la pharmacie), subsistent également. Le roi Saint Louis y rend grâce à Dieu en 1242 après sa victoire sur les Lusignan, marquant son importance politique et religieuse.
Les Guerres de Religion (XVIe–XVIIe siècles) ravagent Vouvant : le prieuré Sainte-Marie est détruit, et l’église, dont les voûtes s’effondrent au début du XVIIe siècle, est réduite à son chœur et ses chapelles latérales. En 1656, l’évêque de La Rochelle décrit une « église fort belle et fort vaste autrefois, toute ruinée ». Les restaurations se multiplient ensuite, notamment entre 1882 et 1890 sous l’impulsion de l’abbé Laurent, qui reconstruit trois travées de la nef, le transept, et remplace la flèche du clocher par un clocher octogonal.
L’église conserve des éléments architecturaux remarquables, comme le portail nord à deux niveaux : une partie basse romane (XIIe siècle) avec des sculptures de personnages et créatures fabuleuses, et une partie haute gothique (1458–1464) ornée de scènes de la Cène et de l’Ascension. Les armoiries de Jean de Dunois (1458), comte de Longueville et seigneur de Vouvant, y sont sculptées, symbolisant son influence locale. La crypte, redécouverte en 1854, abrite des vestiges du XIe au XIIIe siècle, dont un sarcophage mérovingien.
Au XIXe siècle, des vitraux sont ajoutés, et la crypte est restaurée. En 1940 et 1942, un bâtiment attenant et le terrain sont également classés monuments historiques. En 2017, le cadran de l’horloge (1908) est remplacé par un modèle émaillé. Aujourd’hui, l’église allie patrimoine médiéval et restaurations modernes, avec un jardin du prieuré créé en 2007 et une crypte équipée d’une vidéo historique depuis 2015.