Frise chronologique
1070
Cession aux bénédictins
Cession aux bénédictins
1070 (≈ 1070)
Béranger II cède l'église à l'abbaye Saint-Victor.
25 août 1096
Consécration par Urbain II
Consécration par Urbain II
25 août 1096 (≈ 1096)
Le pape consacre l'église après Clermont.
XIIIe siècle
Nom « Notre-Dame de l'Espinasse »
Nom « Notre-Dame de l'Espinasse »
XIIIe siècle (≈ 1350)
Relique d'une épine de la Couronne.
1561, 1568, 1582
Destructions pendant les guerres de Religion
Destructions pendant les guerres de Religion
1561, 1568, 1582 (≈ 1582)
Église et prieuré saccagés par les protestants.
1633
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1633 (≈ 1633)
Dirigée par Jacques Beaudouin.
1646
Réouverture au culte
Réouverture au culte
1646 (≈ 1646)
Après 40 ans de ruines.
1759-1760
Ajout des tribunes latérales
Ajout des tribunes latérales
1759-1760 (≈ 1760)
Modification intérieure majeure.
1869
Installation des vitraux du chœur
Installation des vitraux du chœur
1869 (≈ 1869)
Œuvre de Grenade et Besseyrias.
12 décembre 1945
Classement monument historique
Classement monument historique
12 décembre 1945 (≈ 1945)
Protection officielle de l'édifice.
1982
Création de vitraux modernes
Création de vitraux modernes
1982 (≈ 1982)
Remplacement après une tempête.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame de l'Espinasse : classement par arrêté du 12 décembre 1945
Personnages clés
| Béranger II - Vicomte de Millau et Gévaudan |
Cède l'église aux bénédictins en 1070. |
| Urbain II - Pape (1088-1099) |
Consacre l'église en 1096. |
| Jacques Beaudouin - Architecte |
Dirige la reconstruction en 1633. |
| Jean Favières - Maçon |
Poursuit les travaux à partir de 1641. |
| Julien Baudoin - Maçon |
Collabore à la reconstruction (1641-1657). |
| Jean Bernard - Peintre |
Réalise la fresque de l'abside en 1939. |
| Claude Baillon - Maître verrier |
Crée huit vitraux en 1982. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de l'Espinasse de Millau, située dans le département de l'Aveyron en Occitanie, trouve ses origines au XIIe siècle. Initialement propriété des rois de France, elle est cédée en 1070 par le vicomte Béranger II aux bénédictins de l'abbaye Saint-Victor de Marseille, qui y établissent un prieuré. Consacrée en 1096 par le pape Urbain II, elle abrite au XIIIe siècle une relique précieuse : une épine de la Sainte Couronne, lui valant son nom actuel. Son histoire est marquée par des destructions répétées pendant les guerres de Religion (1561, 1568, 1582), laissant l'édifice en ruine jusqu'au début du XVIIe siècle.
La reconstruction de l'église débute en 1633 sous la direction de l'architecte Jacques Beaudouin, puis se poursuit avec les maçons Jean Favières et Julien Baudoin à partir de 1641. Réouverte au culte en 1646, elle subit encore des modifications majeures, comme l'ajout de chapelles entre 1683 et 1715, ou des tribunes latérales en 1759-1760. Pendant la Révolution, elle devient brièvement un temple de la Raison. Au XIXe siècle, quatre nouvelles chapelles sont ajoutées (1822-1850), et des vitraux, dont ceux de Grenade et Besseyrias (1869) ou de Louis Gesta (1911), embellissent l'édifice. Classée monument historique en 1945, elle conserve une fresque remarquable de Jean Bernard (1939) et des vitraux modernes de Claude Baillon (1982).
L'architecture de l'église mêle des éléments médiévaux et renaissants, comme son clocher octogonal ou son portail double. À l'origine conçue avec une nef unique et un chœur circulaire, elle abrite aujourd'hui un mobilier riche, incluant des tableaux du XVIIIe siècle (comme L'Adoration des bergers), une chaire en bois, et un orgue de 1873. Les bâtiments monastiques initiaux, détruits, ont laissé place à une école primaire. L'édifice illustre ainsi les bouleversements historiques et artistiques de Millau, entre foi, conflits et reconstructions.