Frise chronologique
1608
Donation d'Henri IV aux jésuites
Donation d'Henri IV aux jésuites
1608 (≈ 1608)
Lettres patentes cédant le Collège du Mont.
1684-1689
Construction de l'église
Construction de l'église
1684-1689 (≈ 1687)
Première pierre posée en 1684, consécration en 1689.
1762
Bannissement des jésuites
Bannissement des jésuites
1762 (≈ 1762)
Église cédée à l’Université de Caen.
1791-1793
Désacralisation révolutionnaire
Désacralisation révolutionnaire
1791-1793 (≈ 1792)
Culte constitutionnel puis fêtes décadaires.
1802
Retour au culte catholique
Retour au culte catholique
1802 (≈ 1802)
Devenue paroissiale sous le nom Notre-Dame.
1884
Transfert des reliques de Jean Eudes
Transfert des reliques de Jean Eudes
1884 (≈ 1884)
Reliques placées dans la crypte sud.
9 juillet 1909
Classement monument historique
Classement monument historique
9 juillet 1909 (≈ 1909)
Protection intégrale de l’édifice.
1987
Prêt à la Maîtrise de Caen
Prêt à la Maîtrise de Caen
1987 (≈ 1987)
Concerts réguliers dans l’église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame ou de la Gloriette : classement par arrêté du 9 juillet 1909
Personnages clés
| Henri IV - Roi de France |
A cédé le Collège du Mont aux jésuites (1608). |
| Jean Regnault de Segrais - Poète et échevin de Caen |
Posa la première pierre en 1684. |
| Père André - Procureur des jésuites |
Dirigea les travaux de construction. |
| Jean Eudes - Saint et fondateur de congrégations |
Reliques transférées en 1810, puis en 1884. |
| Guillaume de La Tremblaye - Moine architecte |
Conçut le baldaquin du maître-autel (1707). |
| Charles Spackmann Barker - Facteur d’orgues |
Restaura l’orgue au XIXe siècle. |
| Henri Lerolle - Peintre |
Auteur de la *Glorification de Saint-Jean-Eudes* (1901). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-la-Gloriette, initialement nommée Sainte-Catherine-des-Arts, fut édifiée à Caen par les jésuites entre 1684 et 1689, sur des terrains marécageux près du Petit Odon. Sa construction, dirigée par le père André et financée grâce à des lettres patentes d’Henri IV (1608), s’inscrit dans l’urbanisation de l’île des Petits Près. La première pierre fut posée en 1684 par le poète Jean Regnault de Segrais, alors échevin, et l’église fut consacrée en 1689. Son architecture, inspirée du Gesù de Rome, reflète l’influence jésuite, avec une façade ouvragée contrastant avec des murs latéraux sobres, traités comme un « décor de théâtre ».
Dès 1762, après le bannissement des jésuites, l’église fut cédée à l’Université de Caen, puis désacralisée pendant la Révolution. Elle servit tour à tour de lieu de culte constitutionnel (1791), de salle pour les fêtes décadaires (1793), et faillit devenir un abattoir ou un musée. Entrepositaire des œuvres du futur Musée des Beaux-Arts de Caen (1801-1809), elle fut rendue au culte catholique en 1802 sous le nom de Notre-Dame, remplaçant l’église Froide-Rue. Classée monument historique en 1909, elle abrite depuis 1810 les reliques de Jean Eudes, transférées dans sa crypte en 1884.
L’intérieur, marqué par des rénovations aux XIXe et XXe siècles, conserve un mobilier exceptionnel : un maître-autel en marbre blanc (XVIIIe siècle) provenant de l’abbaye aux Dames, surmonté d’un baldaquin doré (1707) inspiré de Saint-Germain-des-Prés, ainsi que des reliquaires et des autels secondaires classés. La nef, encadrée de bas-côtés et d’un transept discret, accueille un orgue néo-classique restauré (Barker, Cavaillé-Coll). Depuis 1987, l’église est prêtée à la Maîtrise de Caen pour des concerts, perpétuant son lien avec la musique et les arts.
La façade, légèrement penchée en raison du sol instable, domine un parvis classé en 1939, délimité par des chaînes historiques. Les décors intérieurs, comme la Glorification de Saint-Jean-Eudes (1901) ou les lambris dorés du chœur, témoignent des embellissements successifs. Malgré des projets avortés (musée, salle de spectacle), l’église reste un symbole de la résilience du patrimoine caennais, mêlant histoire religieuse, architecturale et culturelle.
Les éléments mobiliers classés — chaire en bois sculpté (XVIIIe siècle), grilles en fer forgé, ou statues d’anges — proviennent pour certains de l’abbaye aux Dames ou de l’ancienne Notre-Dame-de-Froide-Rue. Ces transferts, liés aux bouleversements révolutionnaires, ont enrichi son patrimoine. Aujourd’hui, l’église allie fonctions paroissiale et culturelle, avec une vingtaine de concerts annuels, tout en nécessitant des restaurations (notamment pour le baldaquin et les boiseries).