Origine et histoire de l'Église Notre-Dame de la Merci
L’église Notre-Dame de la Merci à Trémel, située dans les Côtes-d’Armor, est un édifice gothique construit entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Elle se distingue par son chevet polygonal à trois pans, inspiré de la chapelle Saint-Nicolas de Plufur, et sa tour-clocher ornée de gargouilles et de pinacles. Classée monument historique en 1910, elle abritait des sablières sculptées exceptionnelles, un jubé disparu, et des chapelles seigneuriales comme celle des Kermerzit, richement décorée.
La construction de l’église est attribuée à Jean Guillou, maître d’œuvre dont le nom est gravé sur un pilier, et financée par des familles nobles locales comme les Jourdain (seigneurs de Kermerzit) et les Le Rouge (seigneurs de Trébriant). Ces familles y possédaient des droits de prééminence, visibles à travers leurs armoiries sculptées sur le chevet et les sablières. L’édifice, dédié à Notre-Dame de la Merci, rappelait la mission de rachat des captifs chrétiens par l’Ordre des Mercédaires, comme en témoignait autrefois la maîtresse-vitre du chevet.
L’église a subi plusieurs modifications au fil des siècles : agrandissement du bas-côté nord en 1876, ajout d’une sacristie à la fin du XVIIe siècle, et restauration des lambris et décors peints dans les années 1890. Le porche sud, créé à la fin du XVIe siècle, abritait une secrétairerie et un cadran solaire de 1635. En 1935, Xavier de Langlais y installa un chemin de croix expressionniste, aujourd’hui détruit.
Le 21 juin 2016, un incendie ravage l’église, détruisant la charpente du XVIe siècle, les sablières sculptées, et des œuvres irremplaçables comme le chemin de croix et un aigle-lutrin du XVIIIe siècle. Seules les statues des apôtres du porche sud et la Vierge du portail, datant du XVIe siècle, ont été sauvées. La reconstruction, achevée en 2022, a permis de restaurer l’édifice tout en préservant ses éléments gothiques emblématiques comme le chevet et la tour-clocher.
Trémel, initialement une trève de la paroisse de Plestin, est devenue une commune indépendante en 1838. L’église, centre de la vie religieuse et sociale, était entourée d’un placître comprenant un ossuaire et un calvaire. Les seigneurs locaux, comme Yvon Jourdain (marié en 1481), ont joué un rôle clé dans sa fondation, reflétant leur puissance à travers les décors héraldiques et les chapelles privatives.