Frise chronologique
vers 1130
Début de la construction
Début de la construction
vers 1130 (≈ 1130)
Confirmation des droits de Moissac sur le prieuré.
1265
Participation accrue aux charges
Participation accrue aux charges
1265 (≈ 1265)
Bulle papale de Clément IV pour Moissac.
1304
Conflit avec l'archevêque
Conflit avec l'archevêque
1304 (≈ 1304)
Excommunication du prieur par Bertrand de Got.
1378
Pillage par des routiers
Pillage par des routiers
1378 (≈ 1378)
Destruction partielle par Peyrot de Béarn.
1589
Destructions guerres de Religion
Destructions guerres de Religion
1589 (≈ 1589)
Effondrement nef et clocher par Geoffroy de Vivans.
1897
Classement monument historique
Classement monument historique
1897 (≈ 1897)
Début des restaurations majeures.
1898-1901
Restauration néoromane
Restauration néoromane
1898-1901 (≈ 1900)
Reconstruction partielle par Henri Rapine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de Cenac : classement par arrêté du 12 août 1987
Personnages clés
| Anquitil (Ansquitil) - Abbé de Moissac (1085-1105) |
Fondateur présumé du prieuré selon Aymeric de Peyrac. |
| Aymeric de Peyrac - Abbé de Moissac (1377-1406) |
Auteur d’une *Chronique* décrivant l’église en 1397. |
| Bertrand de Got - Archevêque de Bordeaux, futur Clément V |
Excommunia le prieur en 1304. |
| Henri Rapine - Architecte des Monuments Historiques |
Dirigea la restauration de 1898 à 1901. |
| Geoffroy de Vivans - Chef protestant |
Détruisit partiellement l’église en 1589. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-la-Nativité de Cénac-et-Saint-Julien, située dans le département de la Dordogne, est un édifice religieux catholique dont la partie la plus ancienne remonte au XIIe siècle. Elle fut fondée comme prieuré dépendant de l'abbaye de Moissac, probablement vers 1130, après confirmation des droits monastiques. Son architecture romane, marquée par des chapiteaux richement ornés, illustre l’influence artistique de Moissac, avec des thèmes allégoriques comme la Résurrection de Lazare ou la Chute originelle.
Le prieuré connut une période faste grâce à la vénération d’un crucifix disparu, le Digne votz, comparé aux reliques de Charroux et Lucques. Cependant, son histoire fut marquée par des conflits : pillage par des routiers en 1378, destruction partielle pendant les guerres de Religion (1589), et excommunication du prieur en 1304 après un affrontement avec l’archevêque de Bordeaux. Les reconstructions successives, notamment au XVe siècle (voûtes ogivales) et au XXe siècle (restauration néoromane), altérèrent partiellement sa structure originale.
Classée monument historique en 1897, l’église fut restaurée entre 1898 et 1901 sous la direction de Henri Rapine, qui choisit de retrouver son état du XIIe siècle. Les fouilles révélèrent alors des chapiteaux et des traces des voûtes romanes en berceau. Le chœur, les absidioles et le transept, seuls éléments du XIIe siècle conservés, témoignent aujourd’hui de son passé monastique. Les 44 chapiteaux et 18 modillons, mêlant motifs géométriques et scènes bibliques, en font un site majeur de l’art roman périgordin.
Après la Révolution, l’édifice, très dégradé, fut sommairement réparé avant des travaux de drainage (1912-1913) pour contrer l’humidité. Propriété communale depuis le XIXe siècle, elle reste un lieu de culte et un patrimoine architectural protégé, illustrant les liens entre Moissac, le Périgord noir et l’art roman méridional.
Les sources historiques, comme la Chronique d’Aymeric de Peyrac (abbé de Moissac, 1377-1406), attribuent la fondation à l’abbé Anquitil (1085-1105), bien que la construction soit datée du XIIe siècle par son style. Le léopard sculpté du portail, similaire à celui de Moissac, renforce cette filiation artistique. Les destructions des XVIe et XVIIe siècles (clocher, nef) expliquent les campagnes de reconstruction ultérieures, dont celle de 1531 pour le transept et le clocher confié à des maçons de Domme.