Frise chronologique
1249
Visite de l'archevêque Eudes Rigaud
Visite de l'archevêque Eudes Rigaud
1249 (≈ 1249)
Mention du prieuré et du clergé local.
1436
Incendie par les Anglais
Incendie par les Anglais
1436 (≈ 1436)
Destruction de l'église médiévale pendant la guerre de Cent Ans.
1490-1530
Reconstruction gothique flamboyante
Reconstruction gothique flamboyante
1490-1530 (≈ 1510)
Chœur et transept bâtis par Guillaume Lemaistre.
1534
Création du baptistère
Création du baptistère
1534 (≈ 1534)
Plus ancien baptistère Renaissance de France.
1548
Achèvement du portail sud
Achèvement du portail sud
1548 (≈ 1548)
Style Renaissance avec niches et archivoltes sculptées.
1792-1802
Fermeture révolutionnaire et rétablissement
Fermeture révolutionnaire et rétablissement
1792-1802 (≈ 1797)
Pillage et réouverture au culte en 1802.
1818
Restitution des œuvres d'art
Restitution des œuvres d'art
1818 (≈ 1818)
Retour des priants des Villeroy et de la Vierge à l'Enfant.
1858-1865
Restauration majeure
Restauration majeure
1858-1865 (≈ 1862)
Redressement des piles et modifications intérieures.
14 janvier 1908
Classement monument historique
Classement monument historique
14 janvier 1908 (≈ 1908)
Protection officielle de l'édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 14 janvier 1908
Personnages clés
| Pierre Le Gendre - Seigneur de Magny et commanditaire |
Lance la reconstruction en 1490, trésorier de France. |
| Guillaume Lemaistre - Maître-maçon de Gisors |
Conçoit le chœur et le transept (1490-1521). |
| Nicolas II de Neufville - Seigneur de Magny (XVIe siècle) |
Poursuit les travaux après 1524. |
| Nicolas III de Neufville de Villeroy - Seigneur et ministre d'État |
Commanditaire des extensions Renaissance (d. 1598). |
| Mathieu Jacquet dit Grenoble - Sculpteur funéraire |
Auteur des priants de Nicolas III et Madeleine de L'Aubespine. |
| Alexandre Lenoir - Conservateur au Musée des Monuments Français |
Sauve les priants des Villeroy pendant la Révolution. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-la-Nativité-de-la-Vierge, située à Magny-en-Vexin dans le Val-d’Oise, remplace une précédente église partiellement datée du XIIIe siècle, incendiée en 1436 par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans. La reconstruction débute vers 1490 sous l’impulsion de Pierre Le Gendre, seigneur de Magny et haut fonctionnaire royal, qui confie les travaux au maître-maçon Guillaume Lemaistre de Gisors. Le chœur, les collatéraux et les croisillons du transept sont érigés dans un style gothique flamboyant entre 1490 et 1530, tandis que les parties médiévales, comme les piles du clocher, sont conservées et adaptées.
Au XVIe siècle, l’église s’agrandit vers le sud et le nord dans un style Renaissance, avec l’ajout d’un bas-côté sud flanqué de chapelles (1540-1561) et d’un second croisillon nord. Les campagnes de construction successives, menées notamment par les seigneurs de Magny comme Nicolas II de Neufville, transforment l’édifice en un mélange harmonieux de gothique flamboyant et de Renaissance. Le portail sud, achevé en 1548, et la chapelle de la Vierge, construite au début du XVIIe siècle, illustrent cette transition stylistique.
L’église abrite un mobilier remarquable, dont un baptistère Renaissance de 1534, considéré comme l’un des plus anciens de France, et les priants des Neufville de Villeroy, sculptures funéraires classées du XVIe siècle. Après des vicissitudes révolutionnaires, où elle est fermée au culte et pillée, l’église est restaurée au XIXe siècle et classée monument historique en 1908. Aujourd’hui, elle reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse en Île-de-France, alliant histoire locale et patrimoine artistique.
Le plan de l’église, en forme de croix latine, reflète les contraintes du terrain et les extensions successives. Le chœur, voûté d’ogives en étoile, contraste avec la nef plus sobre, tandis que les chapelles latérales, couvertes de plafonds à caissons Renaissance, abritent des œuvres d’art comme des tableaux classés et des statues. L’extérieur, dominé par une façade sud richement ornée, cache une abside gothique et un clocher discret, soulignant la dualité stylistique de l’édifice.
Parmi les trésors de l’église figurent une Vierge à l’Enfant en albâtre du XIVe siècle, un orgue du XVIIe siècle et des vitraux du XIXe siècle illustrant des scènes bibliques. Les tombes des seigneurs de Magny, comme celles des Neufville de Villeroy, rappellent le rôle politique et religieux de ces familles dans la région. L’église, toujours active, incarne ainsi près de six siècles d’histoire vexinoise, entre guerre de Cent Ans, Renaissance et héritage contemporain.