Frise chronologique
1251
Don de Guy d’Autun
Don de Guy d’Autun
1251 (≈ 1251)
Rente de 10 sols pour la commanderie.
XIIe-XIIIe siècles
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe-XIIIe siècles (≈ 1350)
Édifiée par les Hospitaliers de Saint-Jean.
1748
Charpente datée
Charpente datée
1748 (≈ 1748)
Marque « I-F » apposée.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Première liste des monuments protégés.
XIXe siècle
Modifications esthétiques
Modifications esthétiques
XIXe siècle (≈ 1865)
Faux joints, suppression du toit du porche.
1873
Restauration par l’abbé Minard
Restauration par l’abbé Minard
1873 (≈ 1873)
Ajout de sculptures et mobilier néogothique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem - Commanditaires et bâtisseurs |
Ordre militaire à l’origine de l’église. |
| Guy d’Autun - Seigneur de Domecy |
Donateur en 1251 pour la commanderie. |
| Abbé Minard - Restaurateur (1873) |
Programme de sculptures et mobilier. |
| Jean Guillaumet - Sculpteur du XIXe siècle |
Auteur des œuvres commandées par Minard. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-la-Nativité de Pontaubert, située dans l’Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, fut construite aux XIIe et XIIIe siècles par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (futur Ordre de Malte). Son plan roman, sans transept, comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés, un chœur légèrement surbaissé, et une abside trapézoïdale typique des ordres militaires. L’élévation à deux étages, avec grandes arcades brisées et fenêtres hautes, illustre l’harmonie de l’art bourguignon. Les chapiteaux mêlent feuilles d’eau (partie romane) et crochets (ajouts gothiques). Le clocher, dominant la première travée, arbore des arcatures géminées du XIIIe siècle, tandis que le portail ouest, sous un porche du XVIe siècle, présente un tympan historié (Adoration des Mages et Assomption).
Classée Monument Historique dès 1862, l’église fut restaurée en 1873 par l’abbé Minard, qui y ajusta une statuaire et un mobilier néogothique (dont une chaire et une balustrade). Le mobilier d’origine inclut une Vierge à l’Enfant du XIIe siècle, probablement liée à l’école de Vézelay, et un tombeau médiéval portant une inscription latine mentionnant Guy et Geoffroy, peut-être Guy d’Autun, seigneur local ayant fait un don à la commanderie en 1251. Les vitraux, majoritairement du XIXe siècle, conservent une grisaille du XVe siècle. Des vestiges de la commanderie des Hospitaliers subsistent, comme un logis et un cellier souterrain sous la place du village.
L’édifice reflète les transitions stylistiques entre roman et gothique, marquées par des éléments défensifs discrets (absides trapézoïdales) et une décoration sobre. Le beffroi, autrefois doté de quatre cloches, n’en conserve qu’une depuis la Révolution. La charpente, datée de 1748, porte la marque « I-F ». Les modifications ultérieures (XIXe siècle) incluent la suppression du toit du porche pour éclairer la nef, l’ajout d’une balustrade et d’une tourelle d’escalier, ainsi que des restaurations esthétiques (faux joints blancs, pierres apparentes dans les années 1960).
Le site conserve aussi des pierres tombales des XVIIe-XVIIIe siècles et des croix de consécration anciennes sur les piliers. L’église, initialement dotée d’un jubé en bois et d’autels latéraux (un par pilier), voit son mobilier évoluer avec les réformes liturgiques, comme le déplacement de la cuve baptismale après Vatican II. Son histoire croisée avec celle des ordres militaires et des seigneurs locaux en fait un témoin majeur du patrimoine religieux bourguignon.