Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-la-Pitié
L’église Notre-Dame-de-la-Pitié de Puteaux est construite à l’initiative de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, à la demande des villageois dépendant de l’abbaye. En 1509, la décision est prise d’ériger une chapelle, qui sera consacrée en 1523 par François de Poncher, évêque de Paris. À l’origine rattachée à la paroisse de Suresnes, elle devient une succursale en 1573, puis une église paroissiale en 1717. Ses vitraux du XVIe siècle, classés en 1886, comptent parmi ses trésors, dont des œuvres attribuées au verrier Jacques Rousseau.
Au XIXe siècle, l’architecte Paul Eugène Lequeux restaure entièrement l’édifice, ajoutant une nouvelle façade. Cependant, l’église est abandonnée en 1939 au profit de l’église Sainte-Mathilde, et son clocher s’effondre en 1954. Menacée de destruction en 1962, elle est finalement classée monument historique en 1975. Ses vitraux, transférés au château de Champs-sur-Marne, sont réinstallés après une restauration complète, permettant sa réouverture au culte en 1985.
En 2015, une polémique éclate après des travaux de peinture controversés menés par la mairie sans consultation des autorités patrimoniales. La Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) intervient, et la municipalité reconnaît son erreur. Une restauration d’un an, estimée à 500 000 euros, est alors engagée pour retrouver l’aspect d’origine. L’église, propriété de la commune, reste un lieu de culte actif, avec des messes dominicales en dehors des vacances scolaires.
L’édifice se distingue par son architecture sobre : une nef rectangulaire terminée par une abside polygonale, sans transept ni bas-côtés. Son chevet, visible depuis la Seine, est adossé au quai De Dion-Bouton. Les vitraux Renaissance, dont L’Assomption de la Vierge (1558) et La Pentecôte, illustrent son patrimoine artistique exceptionnel. Un vitrail, Le Baptême du Christ, a cependant disparu.
L’église a aussi servi de décor au film Une aussi longue absence (1961), tourné alors qu’elle était à l’abandon. Aujourd’hui, elle incarne à la fois un lieu de mémoire historique et un symbole de la préservation du patrimoine religieux en Île-de-France.