Origine et histoire de l'Église Notre-Dame-de-la-Platé
L'église Notre-Dame de la Platé est un édifice catholique implanté à Castres (Tarn) et classé monument historique par arrêté du 11 août 1987. Elle est mentionnée dès le XIe siècle, son nom renvoyant à sa situation sur un petit plateau. L'édifice actuel remplace une église plus ancienne détruite par les protestants pendant les guerres de religion pour renforcer l'enceinte fortifiée de la ville. Seul le clocher subsista d'abord ; il fut employé comme poudrière par les huguenots et explosa sous l'effet de la foudre pendant l'occupation. La reconstruction de l'église débute en 1607 et l'édifice est profondément remanié en 1741 par l'architecte du Roi Laroque, qui s'inspire de l'église du Gesù de Rome. Le presbytère est édifié en 1755 et le clocher date de 1771. En 1756, les sculpteurs toscans Isidore et Jean Baratta réalisent le bas-relief de l'Assomption et la représentation du Baptême du Christ pour les fonts baptismaux, et sculptent la Vierge et les anges en marbre de Carrare dans le chœur. L'autel est surmonté d'un retable orné d'une statue de saint Michel attribuée au menuisier Battandier. L'orgue, dû au sculpteur Chabbert, est installé en 1764 et restauré dans les années 1980 par l'entreprise Kern. Les toiles de l'Annonciation et de la Visitation, peintes par Jean-Baptiste Despax en 1767, décorent les chapelles latérales du chœur, tandis que l'ensemble des décors peints remonte à la seconde moitié du XIXe siècle. Au début du XIXe siècle, Émilie de Villeneuve prononce ses vœux dans cette église ; un retable commémore cet événement. Fermée au public en 1997 en raison d'infiltrations causées par un toit en mauvais état, l'église a fait l'objet de travaux d'assainissement et de réfection de la toiture, des bas-côtés et de la façade, la restauration des peintures étant achevée en 2017. Depuis 2015, l'édifice est rouvert ponctuellement au public pour des concerts et des cérémonies. La façade, plus large que la nef, est composée de deux ordres — un étage dorique et un étage corinthien — couronnés par un fronton triangulaire et ponctués de colonnes ; deux statues plus anciennes, peut-être les apôtres Pierre et Paul, occupent des alcôves. Dans le chœur se dresse un imposant baldaquin en bois doré à la feuille reposant sur six colonnes en marbre de Caunes-Minervois. L'église comprend une nef et un chœur aux plafonds peints, une chaire, le maître-autel, l'orgue de tribune, les fonts baptismaux, l'autel de la Vierge, l'autel de saint Joseph et le monument aux morts de la paroisse. Le carillon fait partie des éléments remarquables : en 1847 le curé Houlès commande au fondeur toulousain Louison un ensemble de 14 cloches qui rejoignent la grande cloche « Louise » de 600 kg, provenant du temple protestant détruit en 1685. L'instrument, resté dans son état d'origine et joué au moyen d'un clavier traditionnel, fonctionne ainsi jusqu'en 1972, date à laquelle débutent des travaux sur la charpente et les jougs. En 1976, les cloches, à l'exception de deux, sont descendues et refondues ; la fonderie Paccard livre cette année-là un ensemble campanaire neuf de 24 cloches et installe un nouveau clavier manuel de type flamand. Des cloches supplémentaires seront ajoutées par la suite, la plus récente, un La3 de 450 kg, étant installée en 2016, portant l'instrument à 34 cloches, soit presque trois octaves chromatiques. Totalement manuel et dépourvu de tout système électrique de tintement ou de volée, ce carillon est l'un des rares du sud de la France à avoir conservé une sonnerie régulière depuis sa création. L'accès au clocher est libre lorsque le carillon sonne, notamment le premier samedi du mois de 11h à midi, lors des principales fêtes religieuses et traditions locales comme le Nadalet, pendant les Journées européennes du patrimoine, la fête de la musique ou lors des visites organisées par l'office de tourisme de Castres.