Frise chronologique
1062
Rachat par l'abbaye de Conques
Rachat par l'abbaye de Conques
1062 (≈ 1062)
Acquisition par le prêtre Déodat pour Conques.
1153
Bulle pontificale d'Anastase IV
Bulle pontificale d'Anastase IV
1153 (≈ 1153)
Confirmation des droits de Conques sur le prieuré.
1381
Occupation anglaise
Occupation anglaise
1381 (≈ 1381)
Capitaine Mauléon s’installe trois ans.
1696
Peintures murales
Peintures murales
1696 (≈ 1696)
Fresques du chœur datées de 1696.
1860
Transfert du mobilier
Transfert du mobilier
1860 (≈ 1860)
Départ des cloches et objets pour Montredon-Labessonnié.
10 février 1913
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
10 février 1913 (≈ 1913)
Protection officielle de l’édifice.
1935
Incendie du clocher
Incendie du clocher
1935 (≈ 1935)
Destruction de la toiture du clocher.
1943
Restauration par le STO
Restauration par le STO
1943 (≈ 1943)
Travailleurs cachés réhabilitent l’église.
2001-2004
Rénovations récentes
Rénovations récentes
2001-2004 (≈ 2003)
Toiture de la nef et clocher refaits.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame-de-Lasplanques : classement par arrêté du 10 février 1913
Personnages clés
| Déodat (ou Deusdet) - Prêtre albigeois |
Acheta l’église pour Conques en 1062. |
| Didon d’Andouque - Ancien propriétaire |
Famille noble vendit l’édifice à Conques. |
| Capitaine Mauléon - Soldat anglais |
Occupa l’église pendant la guerre de Cent Ans. |
| Pierre d’Andouque - Évêque de Pampelune |
Fils de Didon, possible donateur du mobilier. |
| H. Jullien - Architecte en chef |
Dirigea la restauration de 1943. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-Lasplanques de Tanus, édifiée au XIIe siècle dans un style roman, s’élève sur un éperon rocheux surplombant le Viaur. Construite en moellons locaux, elle dépendait de l’abbaye de Conques dès 1062, après son rachat par le prêtre Déodat à la famille d’Andouque. Le site, mentionné dès 1062 sous le nom de Notre-Dame de Belmont, servait de refuge aux habitants lors des conflits, comme pendant la guerre de Cent Ans (1381), quand le capitaine anglais Mauléon s’y installa trois ans. L’église, centre d’un village médiéval de vingt maisons, était alors une véritable place-forte.
Au XVIIe siècle, l’édifice fut enrichi de fresques (1696) et d’ornements baroques, aujourd’hui très dégradés. Après l’abandon du village à la fin de la guerre de Cent Ans, l’église déclina : son mobilier fut transféré en 1860 à Notre-Dame des Fournials (Montredon-Labessonnié), et des effondrements survinrent en 1885. Un incendie détruisit le toit du clocher en 1935. Pourtant, son classement en 1913 permit des restaurations partielles, notamment en 1943 par des travailleurs cachés du STO, qui consolidèrent les voûtes et modifièrent la toiture.
L’architecture mêle une nef à bas-côtés, une abside centrale flanquée d’absidioles, et un clocher-donjon aux créneaux imposants. Les murs extérieurs du chœur arborent des bandes lombardes, tandis que l’intérieur conserve des vestiges de peintures murales (bustes de saints, Sainte Famille). Les matériaux locaux (gneiss, schiste) et les modifications successives (oculi murés, baies ajoutées) témoignent d’une histoire mouvementée, entre fonction religieuse, défensive et restaurations modernes.
Propriété communale depuis son classement, l’église reste un témoignage rare du roman tardif dans le Tarn, marqué par les influences de Conques et d’Ambialet. Les dernières restaurations (2001-2004) ont sécurisé la toiture, mais l’édifice garde les traces de ses vicissitudes, des guerres médiévales aux abandons du XIXe siècle.
Le cimetière adjacent, ceint d’une clôture en bois et schiste, abrite deux pierres tombales, dont celle de François Bardy (1917). L’accès à l’église se fait par un escalier de schiste, soulignant son isolement sur son promontoire. Aujourd’hui, le site offre un panorama sur les méandres du Viaur, tout en rappelant son rôle passé de sanctuaire et de forteresse villageoise.