Frise chronologique
1535-1540
Construction du clocher
Construction du clocher
1535-1540 (≈ 1538)
Réalisé en calcaire de Plaimbosc par Michel Delafosse.
1553
Achèvement du portail
Achèvement du portail
1553 (≈ 1553)
Œuvre de l'artisan Henry Deshayes.
1562
Dégâts des guerres de Religion
Dégâts des guerres de Religion
1562 (≈ 1562)
Verrières cassées par les Protestants.
Début XVIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Début XVIe siècle (≈ 1604)
Nef et premières structures gothiques flamboyants.
1846
Classement du clocher
Classement du clocher
1846 (≈ 1846)
Première protection au titre des Monuments Historiques.
1873-1874
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1873-1874 (≈ 1874)
Style néo-gothique par Georges Simon.
1929
Classement du portail
Classement du portail
1929 (≈ 1929)
Reconnaissance de sa valeur patrimoniale.
2009
Inscription de l'église
Inscription de l'église
2009 (≈ 2009)
Protection en totalité (hors éléments classés).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le clocher : classement par liste de 1846 - Le portail : classement par arrêté du 21 janvier 1929 - L'église, en totalité, à l'exception du portail et du clocher déjà classés (cad. AK 287) : inscription par arrêté du 27 octobre 2009
Personnages clés
| Michel Delafosse - Maçon et architecte |
A construit le clocher (1535-1540) et les meneaux. |
| Henry Deshayes - Maçon |
A réalisé le portail en 1553. |
| Joseph Gueroult - Peintre-verrier |
A restauré les verrières en 1562. |
| Georges Simon - Architecte |
Reconstruit le chœur en style néo-gothique (1873-1874). |
| Michel Combart - Maçon |
Collabora à la voûte de la tour (1540). |
| Jean Lemarchand - Peintre-verrier |
Créa une verrière conservée en 1622. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Lillebonne est construite au début du XVIe siècle sur une parcelle potentiellement héritée de l'époque romaine. La moitié sud de l'édifice, incluant la nef de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, forme le cœur originel du bâtiment. Le clocher, érigé entre 1535 et 1540, est suivi par l'ajout du portail, achevé en 1553. Ces éléments gothiques flamboyants témoignent de l'importance de l'édifice dans la ville, reconstruite après les destructions de la guerre de Cent Ans.
Au XIXe siècle, l'église subit d'importantes transformations pour s'adapter aux besoins d'une population croissante. Le chœur à pans coupés et son bas-côté, jugés trop exigus, sont démolis et reconstruits dans un style néo-gothique entre 1873 et 1874 par l'architecte Georges Simon. Les sacristies, ajoutées en 1888 et 1903 par les architectes Marical et Lucien Lefort, complètent ces aménagements. Le clocher, classé dès 1846, et le portail, classé en 1929, illustrent la valeur patrimoniale reconnue de l'édifice.
L'église Notre-Dame remplace l'ancienne église Sainte-Marie-du-Château, détruite à la fin de la guerre de Cent Ans. Sa construction s'inscrit dans un contexte de renouveau pour Lillebonne, ville au passé gallo-romain prestigieux (ancienne Juliobona, capitale des Calètes) et médiéval marqué par son château ducal. Les verrières, endommagées lors des guerres de Religion en 1562 puis restaurées à plusieurs reprises, reflètent les tumultes historiques de la région.
Les matériaux utilisés, comme le calcaire de Plaimbosc pour le clocher, et les artisans mentionnés (Michel Delafosse, Henry Deshayes, Joseph Gueroult) soulignent l'importance des savoir-faire locaux. Les chapelles latérales, ajoutées à la fin du XVIe siècle, et les restaurations ultérieures (notamment celle du chœur en 1873) montrent une volonté constante d'embellissement et d'adaptation de l'édifice aux évolutions liturgiques et démographiques.
Classée Monument Historique pour son clocher (1846) et son portail (1929), puis inscrite en totalité en 2009 (à l'exception de ces éléments déjà classés), l'église Notre-Dame incarne aujourd'hui le patrimoine religieux et architectural de Lillebonne. Son histoire reflète les transitions stylistiques, des influences gothiques tardives aux restaurations néo-gothiques, tout en ancrant l'édifice dans l'identité historique de cette ville normande.