Frise chronologique
vers 1477
Construction de la nef
Construction de la nef
vers 1477 (≈ 1477)
Lié aux remparts de Concarneau, armoiries d’Yvon de Treanna.
XVIe siècle
Épidémies de peste
Épidémies de peste
XVIe siècle (≈ 1650)
Notre-Dame de Lorette invoquée par les paroissiens.
1862
Ajout de la sacristie
Ajout de la sacristie
1862 (≈ 1862)
Extension à l’ouest de l’édifice.
1905
Sauvegarde post-Loi de 1905
Sauvegarde post-Loi de 1905
1905 (≈ 1905)
Échappe à la démolition prévue.
26 juin 1968
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
26 juin 1968 (≈ 1968)
Église, calvaire et enclos protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame-de-Lorette, y compris le placître avec son calvaire (cad. AL 78) : inscription par arrêté du 26 juin 1968
Personnages clés
| Yvon de Treanna - Seigneur du Moros |
Supervisait remparts et nef, armoiries visibles. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-Lorette, située dans l’ancien bourg de Lanriec (aujourd’hui rattaché à Concarneau), fut édifiée sous le patronage de Notre-Dame de Lorette, invoquée lors des épidémies de peste du XVIe siècle dans la région de Quimper. La nef, construite vers 1477, porte les armoiries d’Yvon de Treanna, seigneur du Moros, chargé de surveiller les travaux des remparts de la Ville close de Concarneau. Ce lien entre les deux chantiers reflète l’importance stratégique et religieuse de l’époque.
L’édifice, de plan rectangulaire, comprend une nef à trois travées avec bas-côtés et un chœur prolongé par des bas-côtés plus étroits. Son clocher, de type cornouaillais, domine la face ouest, tandis que l’ensemble, dépourvu de sculptures (hors clocher), contraste avec la richesse habituelle des églises bretonnes. Un calvaire en granite, probablement du XVIIe siècle, orne le placître : il se compose d’une croix sans Christ, de quatre marches carrées, et de statues bifaces sur consoles.
Au début du XXe siècle, l’église échappa à la démolition grâce à la Loi de séparation des Églises et de l’État (1905), avant d’être inscrite aux monuments historiques avec son calvaire et son enclos par arrêté du 26 juin 1968. La sacristie, ajoutée en 1862, et un porche accolé à la face sud témoignent d’évolutions ultérieures. L’ensemble, propriété communale, illustre l’adaptation des lieux de culte aux besoins paroissiaux et aux aléas historiques.
Le site, marqué par son enclos arboré et son calvaire aux caractéristiques rituelles (la troisième marche servant de table d’autel), reflète les pratiques religieuses bretonnes. La décroissance de la largeur de l’édifice, du clocher vers le chœur, et l’absence de décors sculptés (hors clocher) soulignent une sobriété architecturale rare, peut-être liée à des contraintes financières ou à un choix esthétique local.
Les sources mentionnent également son rôle dans la mémoire collective, liée aux épidémies et à la protection divine, ainsi que son intégration dans le paysage religieux du Finistère. Aujourd’hui, l’église reste un témoignage des XVIe et XIXe siècles, entre héritage médiéval et transformations modernes, ancré dans le territoire concarnois.