Crédit photo : Theoliane 13:38, 13 August 2007 (UTC) - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1197
Début de la construction
Début de la construction
1197 (≈ 1197)
Lancement par Gautier de Coutances après échange avec Richard Cœur de Lion.
1240
Achèvement de la tour de croisée
Achèvement de la tour de croisée
1240 (≈ 1240)
Première phase majeure des travaux gothiques.
1346
Incendie de la flèche par les Anglais
Incendie de la flèche par les Anglais
1346 (≈ 1346)
Destruction lors de la guerre de Cent Ans.
1460
Reprise des travaux post-guerre
Reprise des travaux post-guerre
1460 (≈ 1460)
Élargissement de la nef à cinq vaisseaux.
1506
Construction du porche sud
Construction du porche sud
1506 (≈ 1506)
Style gothique flamboyant financé par Guillaume Le Roux.
1846
Classement monument historique
Classement monument historique
1846 (≈ 1846)
Protection officielle de l'édifice et de ses vitraux.
1902–1904
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
1902–1904 (≈ 1903)
Intervention de Maurice Muraire sur les verrières médiévales.
1952–1955
Remplacement des vitraux détruits
Remplacement des vitraux détruits
1952–1955 (≈ 1954)
Œuvre de Jean Barillet après la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par liste de 1846
Personnages clés
| Richard Cœur de Lion - Duc de Normandie |
Échangea Louviers contre Les Andelys en 1197. |
| Gautier de Coutances - Archevêque de Rouen |
Initia la construction de l'église en 1197. |
| Guillaume Le Roux - Bienfaiteur |
Finança le porche sud en 1506. |
| Robert d'Acquigny - Conseiller au parlement de Paris |
Gisant du XVe siècle dans le collatéral sud. |
| Arnoult de Nimègue - Peintre-verrier |
Auteur des vitraux (1490–1530). |
| Jean Barillet - Maître-verrier moderne |
Remplaça les vitraux détruits après 1945. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Louviers, située dans l'Eure en Normandie, est un édifice gothique dont la construction débuta en 1197 sous l'impulsion de l'archevêque de Rouen, Gautier de Coutances, après un échange territorial avec Richard Cœur de Lion. Ce dernier céda Louviers contre Les Andelys pour y ériger Château-Gaillard, plaçant ainsi la ville sous l'autorité des archevêques jusqu'à la Révolution. La nef, initialement prévue avec un vaisseau central de sept travées et des bas-côtés, fut surélevée de 2,60 m au XIIIe siècle, modifiant le projet initial et imposant des adaptations structurelles comme le rehaussement des arcs-boutants. Les fenêtres hautes, de styles variés, reflètent cette évolution, avec des éléments datant du début du XIIIe siècle à l'ouest et des formes plus tardives à l'est.
La tour de la croisée, achevée en 1240, perdit sa flèche en bois lors d'un incendie allumé par les Anglais en 1346 pendant la guerre de Cent Ans. La ville, pillée à plusieurs reprises (1346, 1356, 1418, 1431), ne se releva qu'après 1453, permettant la reprise des travaux dès 1460. La nef fut alors élargie à cinq vaisseaux, et des chapelles latérales furent ajoutées, financées par des familles nobles et des corporations. Le porche sud, de style gothique flamboyant, réalisé à partir de 1506 grâce à Guillaume Le Roux, symbolise la prospérité retrouvée de Louviers. La tour-lanterne et le chevet furent remaniés après 1580, tandis que la flèche reconstruite après 1379 fut détruite par une tempête en 1705.
L'église échappa aux dégâts de la Révolution, mais subit des restaurations majeures entre 1826 et 1853 (façade sud, chevet) sous la direction d'Étienne Bourguignon, puis à partir de 1863 pour les parties hautes. Classée monument historique dès 1846, elle fut endommagée lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, nécessitant de nouvelles interventions. Son mobilier inclut des statues du XVIe siècle issues de la chartreuse de Gaillon, un gisant du XVe siècle (Robert d'Acquigny), et des toiles de Jean Nicolle. Les 11 verrières (1490–1530), œuvres d'Arnoult de Nimègue et des Leprince, classées en 1846, illustrent l'âge d'or de la ville, préservées malgré les guerres de Religion grâce à l'accueil du parlement de Normandie en 1562.
Les vitraux, partiellement détruits par une tempête en 1841, furent restaurés au XIXe siècle par Maurice Muraire (1902–1904) et complétés par des créations d'Antoine Lusson, Duhamel-Marette, ou l'atelier Lobin. La Seconde Guerre mondiale entraîna la perte de verrières du XIXe siècle, remplacées dans les années 1950 par Jean Barillet. Aujourd'hui, l'église allie éléments médiévaux (tour-lanterne, nef surélevée) et ajouts Renaissance (porche sud), témoignant de sept siècles d'histoire architecturale et religieuse normande.