Origine et histoire
L’église Notre-Dame de l’Assomption, dite « église Blanche », est située 5 rue Herzog à Wintzenheim, dans le Haut-Rhin. Construite au 2e quart du XXe siècle (1927), elle remplace une chapelle initiale édifiée en 1855 par la famille Herzog pour desservir le quartier du Logelbach. Le projet, initialement confié aux frères Perret, est finalement réalisé par l’ingénieur Camille Rudloff et les architectes Ulysse Bertsch et Joseph Muller, en raison des contraintes budgétaires. L’édifice se distingue par son plan rectangulaire, sa tour clocher polygonale à lanternes superposées, et l’usage pionnier du béton armé, marquant une rupture avec les traditions architecturales locales.
L’intérieur, réaménagé en 1993-1994 par Jacques Prioleau, offre une nef rectangulaire flanquée de bas-côtés, menant à un chœur à chevet plat. Les fresques de la nef, peintes par le curé Georges Kaeffer, et les vitraux signés Eugène Bartholomé (Turckheim) et Kempf (chœur), datent de la construction. Un Christ d’Ascension du sculpteur Philippe Kaeppelin surplombe l’autel, tandis qu’un sas de verre, ajouté lors des travaux des années 1990, isole l’entrée. La chapelle, non orientée pour des raisons parcellaire, intègre aussi une sacristie et une chapelle de semaine.
Classée Monument Historique en 1984 (pour la chapelle Sainte-Thérèse associée), l’église elle-même est inscrite en totalité par arrêté du 4 mai 2022, incluant sa parcelle cadastrale. Son histoire reflète les mutations industrielles et religieuses de l’Alsace, depuis l’initiative privée des Herzog (1855) jusqu’à sa consécration comme patrimoine architectural moderne. La façade symétrique, ornée de bas-reliefs (Christ et angelots), et l’usage de voilages lumineux dans le chœur illustrent une recherche esthétique alliant tradition chrétienne et innovation technique.
Le mobilier, en grande partie contemporain de la construction, comprend des éléments liturgiques et des fonts baptismaux situés à l’ouest. L’église, propriété de la commune de Wintzenheim, incarne aujourd’hui un héritage à la fois industriel (lié aux établissements Herzog), artistique (collaboration avec des artisans locaux) et spirituel, marqué par son rôle central dans la vie du quartier du Logelbach.