Frise chronologique
vers 1120
Création de l'autel
Création de l'autel
vers 1120 (≈ 1120)
Autel en calcaire attribué au *sculpteur de Cluny III*.
1901
Classement de l'autel
Classement de l'autel
1901 (≈ 1901)
Inscription à l'inventaire Palissy comme objet classé.
1906
Rénovation du clocher
Rénovation du clocher
1906 (≈ 1906)
Ajout de la tourelle et de la sacristie.
1956-1960
Restauration des murs et vitraux
Restauration des murs et vitraux
1956-1960 (≈ 1958)
Décrépissage et pose de vitraux par Luc Barbier.
1987
Restauration de l'autel
Restauration de l'autel
1987 (≈ 1987)
Travaux de conservation sur l'autel roman.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis le Pieux (ou Louis le Débonnaire) - Roi franc (hypothèse de fondation) |
Évoqué pour une victoire en 824/830. |
| Saint Louis - Roi de France (hypothèse de fondation) |
Passage à Mâcon en 1248 mentionné. |
| Louis VI ou Louis VII - Rois de France (hypothèse de fondation) |
Identité du roi Louis non confirmée. |
| Saint Vincent - Patron du chapitre de Mâcon |
Représenté recevant l'église sur l'autel. |
| Sculpteur de Cluny III - Artiste anonyme |
Auteur présumé de l'autel (style proche). |
| Luc Barbier - Artiste verrier (XXe siècle) |
Créateur des vitraux (1956-1960). |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame-de-l’Assomption d'Avenas, aujourd'hui intégrée à la commune de Deux-Grosnes dans le Rhône, était à l'origine l'église d'un monastère dépendant du chapitre de Mâcon. Son architecture romane simple se distingue par un dôme ajouré sur la croisée du transept, des chapiteaux sculptés (feuilles, têtes humaines, serpent bicéphale) et un clocher à deux abat-son. L'édifice conserve trois statues en bois (saint Joseph, saint Claude, Vierge à l'Enfant) et des vitraux modernes de Luc Barbier (1956-1960), installés après le décrépissage des murs révélant les pierres d'origine.
L'autel en calcaire blanc (vers 1120), classé depuis 1901, est attribué au sculpteur de Cluny III et présente des similitudes stylistiques avec le tympan de Mâcon. Ses trois faces sculptées en haut-relief illustrent des scènes bibliques : le Christ en majesté entouré des apôtres (face ouest), des épisodes de la vie de la Vierge (face nord), et un roi Louis offrant une maquette de l'église à saint Vincent (face sud). Ce dernier panneau porte une inscription latine datée du 20 juin, évoquant un conflit royal, mais l'identité du souverain (Louis le Pieux, Saint Louis, Louis VI ou VII) reste controversée. Le creux de l'autel et les svastikas gravés suggèrent des influences païennes ou liturgiques anciennes.
Plusieurs hypothèses expliquent la fondation de l'église. La première l'attribue à Louis le Pieux (824 ou 830) pour commémorer une victoire de Charlemagne sur Ganelon près de Torvéon, lors de son voyage vers un concile à Aix-en-Provence. D'autres sources évoquent Saint Louis (passage à Mâcon en 1248) ou les rois Louis VI/VII. Le panneau sud de l'autel, représentant un roi offrant l'église au chapitre de Mâcon (dédié à saint Vincent), alimente ce débat. L'édifice a subi des rénovations majeures en 1906 (clocher et sacristie) et 1956-1960 (restitution des pierres apparentes).
Les sculptures de l'autel détaillent des scènes symboliques : la mandorle du Christ (face ouest) montre les quatre évangélistes sous forme d'animaux (aigle, lion, taureau, homme) et les douze apôtres, dont Pierre reconnaissable à sa clé. La face nord représente l'Annonciation, la Nativité (interprétable comme celle du Christ ou de Marie), la Présentation au Temple (avec des mains voilées), et l'Assomption de Marie, où un buste en prière symbolise son ascension. Ces représentations, combinées à l'architecture sobre et aux décors floraux des pilastres, reflètent l'art roman bourguignon du XIIe siècle.
Le revers de l'autel, doté d'une porte menant à un espace intérieur, suggère la présence ancienne de reliques. Les svastikas gravés aux coins et au centre du dessus, ainsi que la forme creuse (héritée des autels païens), ajoutent une dimension mystérieuse à ce monument. Classé pour son patrimoine mobilier, l'édifice témoigne des liens entre pouvoir royal, clergé mâconnais et art monastique médiéval, tout en portant les traces de restaurations modernes visant à préserver son authenticité.