Frise chronologique
entre 950 et 975
Début des fondations
Début des fondations
entre 950 et 975 (≈ 975)
Maçonnerie en *opus spicatum* attestée.
XIIe siècle
Construction nef et clocher
Construction nef et clocher
XIIe siècle (≈ 1250)
Style cistercien et voûtes en berceau.
1506
Charpente du chœur sculptée
Charpente du chœur sculptée
1506 (≈ 1506)
Inscription gravée sur les sommiers.
1793
Chœur transformé en prison
Chœur transformé en prison
1793 (≈ 1793)
Pendant la Révolution française.
2001
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
2001 (≈ 2001)
Protection de l’édifice en totalité.
2020
Fermeture et lancement restauration
Fermeture et lancement restauration
2020 (≈ 2020)
Dégâts sur la toiture et voussure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. C 93) : inscription par arrêté du 15 janvier 2001
Personnages clés
| Anastasia Chevallier Wawrzyniak - Historienne de l’architecture |
Étude sur l’*opus spicatum* et datation. |
| Thierry de Campulley - Personnage historique local |
Marbre obituaire gravé à ses armes. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Ménerval, située dans le département de la Seine-Maritime en Normandie, trouve ses origines au Xe siècle, comme en attestent les fondations en opus spicatum (maçonnerie rare en milieu rural) découvertes dans la tour croisée et le bras sud du transept. Relevant de l’abbaye voisine de Saint-Germer-de-Fly, sa construction s’échelonne principalement aux XIIe siècle (nef et clocher) et XVIe siècle (chœur), dans un style cistercien épuré, marqué par des voûtes en berceau brisé et une austérité décorative. L’édifice, dédié à la Vierge Marie, se distingue par son appareillage de pierres dépouillé, hérité de l’influence clunisienne du XIe siècle.
La nef, l’un des éléments les plus anciens, et la charpente du chœur datée de 1506 (gravée d’une inscription : « l’an M. V cent fust livré cette œuvre présente ») constituent les joyaux de l’église. Cette voussure en bois, entièrement sculptée de motifs grimaçants (blochets), animaux et écussons, contraste avec la sobriété des murs. Le chœur, couvert d’un toit en ardoise, abrite aussi un retable baroque du XVIIe siècle, une statue de la Vierge à l’Enfant en bois polychrome, et un aigle-lutrin, témoignages de son riche patrimoine mobilier.
Classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2001, l’église a connu des usages variés : prison pour suspects sous la Rvolution (1793), puis lieu de culte jusqu’à sa fermeture en 2020 pour raisons de sécurité, après des dégâts causés par des intempéries à la toiture. Une souscription publique a été lancée cette même année pour financer sa restauration, notamment la voussure de la nef, originellement en arceaux de bois, aujourd’hui plâtrée. Son plan en croix latine, son chevet polygonal et sa flèche en ardoise en font l’une des plus grandes églises du Pays de Bray.
L’étude architecturale d’Anastasia Chevallier Wawrzyniak souligne la rareté de l’opus spicatum dans ce contexte rural, confirmant une initiation des travaux entre 950 et 975. Ce mélange de techniques romanes et gothiques, combiné à des éléments baroques ultérieurs, illustre l’évolution stylistique de l’édifice sur plus de six siècles, tout en préservant son unité structurelle. Propriété de la commune, elle reste un symbole du patrimoine religieux normand, malgré les défis contemporains de conservation.