Frise chronologique
1410
Érection en cathédrale éphémère
Érection en cathédrale éphémère
1410 (≈ 1410)
Bulle pontificale pendant le Grand Schisme.
fin XIVe - début XVe siècle
Construction de l'église
Construction de l'église
fin XIVe - début XVe siècle (≈ 1525)
Style gothique méridional, rôle défensif intégré.
XVIe siècle
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
XVIe siècle (≈ 1650)
Remplace Saint-Jean de Lézian détruite.
1806
Transfert du mobilier de Berdoues
Transfert du mobilier de Berdoues
1806 (≈ 1806)
Autel, tableau, stalles après Révolution.
1860-1902
Travaux de réaménagement
Travaux de réaménagement
1860-1902 (≈ 1881)
Modernisation intérieure conservatrice.
1921
Classement monument historique
Classement monument historique
1921 (≈ 1921)
Protection officielle de l’État.
2007
Redécouverte d’un *may* de 1680
Redécouverte d’un *may* de 1680
2007 (≈ 2007)
Tableau de Coypel identifié par Jean-Claude Boyer.
2015-2016
Campagne de sécurisation
Campagne de sécurisation
2015-2016 (≈ 2016)
Restauration avec aides publiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par arrêté du 28 décembre 1921
Personnages clés
| Abbé de Berdoues - Co-seigneur et initiateur |
Commanditaire de la construction avec le comte. |
| Comte d’Astarac - Co-seigneur de Mirande |
Financeur conjoint de l’église. |
| Antoine Coypel - Peintre royal |
Auteur du tableau *L’Assomption*. |
| Arnaud de Moles - Maître verrier |
Créateur des vitraux (XVIe siècle). |
| Abbé Bartherote - Curé de Mirande (XIXe) |
Initiateur de la construction des orgues. |
| Jean-Claude Boyer - Historien (XXIe) |
Redécouvreur du *may* de 1680. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Mirande, initialement nommée église Sainte-Marie, fut construite entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe siècle dans un style gothique méridional. Intégrée au plan en damier de la bastide de Mirande, elle servait aussi de réduit défensif grâce à son clocher quadrangulaire de 35 mètres, doté de cinq tourelles et d’une terrasse communiquant avec les combles. Son architecture, marquée par une nef unique de 38 mètres sans transept et une abside polygonale, reflète l’influence languedocienne en Gascogne. Des arcs-boutants, ajoutés ultérieurement, enjambent la rue de l’Évêché pour soutenir le clocher, formant un porche d’accès monumental.
La construction fut initiée par l’abbé de Berdoues et le comte d’Astarac, co-seigneurs de Mirande. En 1410, pendant le Grand Schisme d’Occident, le pape éleva brièvement l’église au rang de cathédrale pour l’abbaye cistercienne de Berdoues, bien que ce statut fut révoqué trois ans plus tard. Devenue paroissiale après la destruction de l’église Saint-Jean de Lézian au XVIe siècle, elle abritait un mobilier riche, dont un autel-tombeau en marbre noir et jaune (classé en 1981) et un tableau de l’Assomption attribué à Antoine Coypel, tous deux transférés de l’abbaye de Berdoues après sa démolition pendant la Révolution.
L’édifice, classé monument historique en 1921, conserve des éléments défensifs comme une terrasse accessible par un escalier en encorbellement, témoignant de son double rôle religieux et militaire. Au XIXe siècle, des travaux de réaménagement (1860-1902) modernisèrent l’intérieur sans altérer sa silhouette extérieure. Parmi ses trésors, on compte un vitrail du XVIe siècle attribué à Arnaud de Moles, un chemin de croix de Louis Boulanger, et un may de Notre-Dame de Paris (1680), redécouvert en 2007. Des restaurations récentes (2015-2016), soutenues par des subventions publiques et une souscription, visent à préserver ce patrimoine emblématique du Gers.
L’église illustre aussi l’histoire locale, comme en témoignent les obsèques du comédien Jacques Dufilho en 2005. Son mobilier, incluant des stalles et un orgue du XIXe siècle, ainsi que son architecture hybride (religieuse et défensive), en font un exemple unique de l’adaptation des bastides médiévales aux besoins spirituels et stratégiques de leur époque.