Frise chronologique
Xe ou XIe siècle
Fondation présumée
Fondation présumée
Xe ou XIe siècle (≈ 1150)
Construction initiale, styles préroman et roman.
1229
Première mention écrite
Première mention écrite
1229 (≈ 1229)
Charte de Hugues de Tonnay évoquant *Beata Maria*.
XIIIe siècle
Rattachement seigneurial
Rattachement seigneurial
XIIIe siècle (≈ 1350)
Intégration à la seigneurie de Tonnay.
1826
Abandon de l’église
Abandon de l’église
1826 (≈ 1826)
Rattachement de Monthérault à Trizay.
1996
Inscription MH
Inscription MH
1996 (≈ 1996)
Inventaire supplémentaire des monuments historiques.
1999
Effondrement du clocher
Effondrement du clocher
1999 (≈ 1999)
Dégâts causés par la tempête Martin.
2011–2013
Restauration majeure
Restauration majeure
2011–2013 (≈ 2012)
Sauvegarde et réouverture au public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Inscrit MH
Personnages clés
| Hugues de Tonnay - Seigneur local |
Auteur d’une charte mentionnant l’église (1229). |
| Charlemagne - Empereur (légende) |
Fondation mythique liée à 777. |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Monthérault, située à Trizay en Charente-Maritime, est un édifice des Xe–XIe siècles, mêlant styles préroman et roman primitif. Fondée pour une communauté rurale, elle partage des similitudes architecturales avec les églises voisines de Sainte-Radegonde et Dercie. Sa première mention écrite remonte à 1229 sous le nom Beata Maria de Monte-Ayraudi, dans des registres seigneuriaux. De taille modeste, elle reflète l’adaptation des lieux de culte aux besoins d’une population agricole, avant d’être progressivement abandonnée après le rattachement de Monthérault à Trizay en 1826.
La structure actuelle révèle trois phases de construction : une nef préromane en moellons, un chœur du XIIe siècle voûté en berceau brisé, et une façade refaite au XVIe siècle, intégrant une porte gothique. Le chœur, épaulé par des contreforts, abritait une baie romane ornée de colonnettes, murée ultérieurement et remplacée par une statue de la Vierge. Les chapiteaux, sculptés de motifs démoniaques et végétaux, ainsi que les voûtes partiellement effondrées dès le XIXe siècle, témoignent de son état de dégradation avant les restaurations.
L’abandon de l’église s’accélère après 1826, faute d’entretien, jusqu’à l’effondrement de son clocher-arcade lors de la tempête Martin en 1999. Un pèlerinage local persiste jusqu’aux années 1960, mais l’édifice, inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1996, est refusé au classement en 1998. Une campagne de restauration majeure (2011–2013), financée par l’État et les collectivités, permet sa sauvegarde. Les travaux incluent la refonte de cloches in situ selon des méthodes médiévales, redonnant à l’église sa vocation culturelle et touristique.
Légendairement associée à Charlemagne — qui l’aurait fondée en 777 pour célébrer une victoire sur les Sarrasins —, cette hypothèse est infirmée par les analyses architecturales. L’église dépendait historiquement de la seigneurie de Tonnay (XIIIe siècle), puis de l’archiprêtré de Corme-Royal, avant son déclin post-révolutionnaire. Aujourd’hui ouverte au public, elle illustre la résilience d’un patrimoine rural souvent méconnu, sauvé in extremis par des interventions contemporaines.