Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Vestiges subsistants : absidiole nord, mur goutterot.
1266 et 1288
Conciles provinciaux
Conciles provinciaux
1266 et 1288 (≈ 1288)
Accueillis dans l'église romane originale.
vers 1400
Début reconstruction gothique
Début reconstruction gothique
vers 1400 (≈ 1400)
Initiée par Louis II de Bourbon.
1450
Reprise des travaux
Reprise des travaux
1450 (≈ 1450)
Décor des travées orientales et sacristie.
1622
Portails refaits
Portails refaits
1622 (≈ 1622)
Façades ouest et sud, style classique.
XVIe siècle
Achèvement du chevet et transept
Achèvement du chevet et transept
XVIe siècle (≈ 1650)
Style gothique flamboyant et Renaissance.
1706
Chute de la flèche
Chute de la flèche
1706 (≈ 1706)
Remplacée par une toiture banale.
1987
Classement Monument historique
Classement Monument historique
1987 (≈ 1987)
Protection de l'édifice entier.
2015
Restauration de l'orgue
Restauration de l'orgue
2015 (≈ 2015)
Classé en 2006 comme objet.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame (cad. AM 136) : classement par arrêté du 27 janvier 1987
Personnages clés
| Louis II de Bourbon - Duc de Bourbon |
Commanditaire de la reconstruction gothique (vers 1400). |
| Gilles Duboix - Prieur de Notre-Dame |
Armoiries visibles sur les clefs de voûte. |
| Jacques Morel - Sculpteur (XVe siècle) |
Auteur de la Vierge de Pitié. |
| Jean-Baptiste Ghys - Facteur d'orgue (XIXe siècle) |
Reconstructeur de l'orgue en 1892-1893. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Montluçon, située dans l'Allier, est un édifice gothique du XVe siècle construit à l'initiative de Louis II de Bourbon, duc de Bourbon. Elle remplace une église romane du XIIe siècle dont subsistent le bras nord du transept, son absidiole, et le mur goutterot nord. Ce premier édifice avait accueilli les conciles provinciaux de 1266 et 1288. La reconstruction gothique, contemporaine de celle du château de Montluçon, fut interrompue par la mort du duc, laissant inachevés chapiteaux et piles occidentales du chœur.
Les travaux reprirent vers 1450 avec la décoration des travées orientales du bas-côté et de la sacristie, mais le plan initial fut réduit : le clocher fut déplacé sur la croisée du chœur, et le collatéral nord ne fut jamais construit. Au XVIe siècle, le chevet, la croisée du transept et le bas-côté sud furent reconstruits, tandis que les chapelles latérales nord, percées de baies gothiques, datent de la fin du XVe siècle. La façade en grès houiller, désagrégée, fut remplacée au XVIIe siècle par des portes à pilastres et frontons, dont celle de la façade occidentale (1622).
Classée Monument historique en 1987, l'église conserve des éléments remarquables comme une Vierge de Pitié du XVe siècle sculptée par Jacques Morel, des vitraux du XVIe siècle (dont une Transfiguration de la Vierge et une Adoration des Mages), et un orgue du XIXe siècle restauré en 2015. Le clocher, initialement prévu plus haut, perdit sa flèche de pierre en 1706, remplacée par une toiture simple. L'édifice, ancien prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Menat, illustre les transitions architecturales entre roman, gothique et Renaissance dans le Bourbonnais.
L'église se distingue par son plan irrégulier à deux nefs parallèles, résultat des campagnes de construction successives et des contraintes financières. Les armoiries des ducs de Bourbon et du prieur Gilles Duboix, visibles sur les clefs de voûte, témoignent de son histoire féodale. La chapelle du Rosaire, refondue vers 1611, et celle du Sacré-Cœur (ancienne salle capitulaire médiévale) furent intégrées à l'édifice au XVIIe siècle. Une balustrade à quadrilobes, autrefois ornée de pinacles, couronnait les murs gouttereaux.
Les sources archéologiques et historiques, comme les travaux du chanoine Joseph Clément (1925-1932) ou les études de Pierre Pradel (1938), soulignent son rôle central dans la ville haute de Montluçon, paroisse s'étendant sur les campagnes environnantes. L'église aurait succédé à un édifice dédié à saint Ménélée, fondateur de l'abbaye de Menat au VIIIe siècle. Son mobilier, incluant un retable de la vie de la Vierge et un tableau de l'Adoration des mages, complète son intérêt patrimonial.