Frise chronologique
Vers 1120
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
Vers 1120 (≈ 1120)
Après incendie de 1067 par Guillaume VIII
1263
Tentative de transfert aux chanoines
Tentative de transfert aux chanoines
1263 (≈ 1263)
Bulle d’Urbain IV non appliquée
1266
Inhumation de Gilles de Saumur
Inhumation de Gilles de Saumur
1266 (≈ 1266)
Archevêque de Tyr dans le chœur
XIVe–XVe siècles
Reconstruction transept et chœur
Reconstruction transept et chœur
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Voûtes nervées style angevin
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH français
2016
Restauration de l’orgue
Restauration de l’orgue
2016 (≈ 2016)
2 166 tuyaux conservés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame-de-Nantilly : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Charles II le Chauve - Roi des Francs |
Cité dans un diplôme ancien |
| Guillaume VIII d’Aquitaine - Comte de Poitiers |
Responsable incendie de 1067 |
| Gilles de Saumur - Archevêque de Tyr |
Inhumé dans le chœur (1266) |
| Louis XI - Roi de France |
Ajouta collatéral sud (XVe) |
| Lucien Magne - Architecte restaurateur |
Travaux 1893–1909 et façade ouest |
| Pierre Le Hellocq - Facteur d’orgues breton |
Créa l’orgue en 1685–1690 |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame-de-Nantilly de Saumur, située dans le département de Maine-et-Loire, est citée dès l’époque carolingienne dans un diplôme de Charles II le Chauve. Au XIe siècle, elle apparaît comme une annexe de l’abbaye Saint-Florent, mentionnée dans une bulle papale de 1003 confirmant ses biens, dont le fiscus Lentiniacus avec son église Sainte-Marie et ses chapelles Saint-Hilaire et Saint-Vincent. Ces références se retrouvent dans les bulles du Codex Rubeus au XIIe siècle.
La nef actuelle, partie la plus ancienne, fut construite vers 1120 après l’incendie de Saumur en 1067, provoqué par Guillaume VIII d’Aquitaine. De style roman, elle se distingue par ses dix chapiteaux sculptés, attribués à un seul artiste, et son élévation divisée en deux niveaux. La façade nord, en tuffeau, conserve sa structure d’origine, tandis que les contreforts atteignent 4,50 m d’épaisseur. La nef préfigure déjà le gothique angevin par sa sévérité.
Au XIIIe siècle, le pape Urbain IV tenta en 1263 de retirer l’église aux moines de Saint-Florent pour y installer deux chanoines, mais Clément IV rétablit l’abbaye dans ses droits. L’archevêque de Tyr, Gilles de Saumur (mort en 1266), y fut inhumé dans le chœur ; son tombeau, redécouvert en 1614 et 1699, témoigne de son importance. Louis XI ajusta plus tard un collatéral sud, perçant le mur de la nef primitive pour créer une chapelle baptismale.
Les transformations se poursuivirent aux XIVe–XVe siècles, avec la reconstruction partielle du transept et du chœur, marqué par des voûtes nervées inspirées de la cathédrale d’Angers. Les chapiteaux, refaits au XIXe siècle, imitent ce style. Une chapelle souterraine, peut-être mortuaire, fut transformée en ossuaire entre le XVIIe et le XIXe siècle. L’église abritait aussi un orgue de 1690, restauré en 2016, et des vitraux des XIXe–XXe siècles, dont ceux de l’atelier Lobin (1862) et de Marcel Delon (1903).
Classée monument historique dès 1840, l’église fut restaurée à plusieurs reprises : par Charles Joly-Leterme en 1851, Lucien Magne entre 1893 et 1909, puis Gabor Mester de Parajd entre 1996 et 1998. Ces travaux visèrent à conserver ses éléments romans (nef, absidioles) et gothiques (voûtes, rosaces), ainsi que ses décors intérieurs, comme les clefs de voûte armoriées du collatéral sud, liées à Louis XI et à l’ordre de Saint-Michel (1469).