Frise chronologique
799
Donation controversée à Charroux
Donation controversée à Charroux
799 (≈ 799)
Acte attribuant l’église à Charlemagne (authenticité critiquée).
26 mai 1491
Début de la construction
Début de la construction
26 mai 1491 (≈ 1491)
Plaque commémorative des fabriciens Sabourin et Richer.
1531
Travaux de Mathurin Berthomé
Travaux de Mathurin Berthomé
1531 (≈ 1531)
Galerie des orgues et conflits sur les contreforts.
1568–1598
Dégâts des guerres de Religion
Dégâts des guerres de Religion
1568–1598 (≈ 1583)
Pillages, toiture détruite, culte interrompu.
1615
Vitrail de l’Arbre de Jessé
Vitrail de l’Arbre de Jessé
1615 (≈ 1615)
Commande à François Loizeau pour remplacer l’original brisé.
1793
Transformation en entrepôt
Transformation en entrepôt
1793 (≈ 1793)
Rvolution : temple décadaire puis marché aux grains.
16 septembre 1908
Classement monument historique
Classement monument historique
16 septembre 1908 (≈ 1908)
Protection officielle après effondrement partiel en 1908.
2001
Rétablissement de l’orientation originale
Rétablissement de l’orientation originale
2001 (≈ 2001)
Déplacement de l’orgue et du maître-autel à l’ouest.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : classement par arrêté du 16 septembre 1908
Personnages clés
| Charlemagne - Empereur des Francs |
Donation légendaire de l’église en 799. |
| Pierre Sabourin et Jehan Richer - Fabriciens (maîtres d’ouvrage) |
Lancent la construction en 1491. |
| Mathurin Berthomé - Maître maçon (XVIe siècle) |
Conflit sur les contreforts et galerie des orgues. |
| François Loizeau - Peintre verrier |
Auteur du vitrail de l’Arbre de Jessé (1615). |
| Françoise d’Aubigné (Madame de Maintenon) - Fille de Constant d’Aubigné |
Baptisée dans l’église en 1635. |
| Bernard d’Agesci - Artiste local (XVIIIe–XIXe) |
Auteur de retables et d’une Pietà (1803). |
Origine et histoire
L’église Notre-Dame de Niort, située dans le département des Deux-Sèvres, trouve ses origines dans une tradition ancienne liée à l’abbaye de Charroux. Une donation controversée attribuée à Charlemagne en 799 mentionne déjà une église dédiée à la Vierge sur ce site. Au XIe siècle, le pape Léon IX confirme la possession de l’église Sainte-Marie (futur Notre-Dame) par l’abbaye. Le prieuré dépendra de Charroux jusqu’au XVIIIe siècle, bien qu’aucun vestige de l’édifice médiéval ne subsiste aujourd’hui.
La construction de l’église actuelle débute le 26 mai 1491, comme l’atteste une plaque commémorative citant les fabriciens Pierre Sabourin et Jehan Richer. Entre 1491 et 1530, le chœur et une partie du transept sont probablement érigés. En 1531, le maître maçon Mathurin Berthomé intervient pour construire une galerie destinée aux orgues, le pignon occidental, et deux voûtes de la nef. Un conflit éclate alors sur la nécessité de contreforts extérieurs, finalement imposés par les marguilliers. Le portail nord porte l’inscription « O mater Dei, memento mei ».
Les guerres de Religion (1562–1598) marquent un tournant dramatique pour l’édifice. En 1568, le curé Texereau est assassiné par les protestants, et en 1569, la ville subit bombardements et pillages. Une gravure de Claude Chastillon (vers 1605) montre l’église sans toiture, bien que son clocher reste intact. Le culte catholique est rétabli en 1598 après l’édit de Nantes. Au XVIIe siècle, l’église est restaurée : la toiture est refaite, et le vitrail de l’Arbre de Jessé (commandé en 1615 à François Loizeau) remplace l’original brisé. Françoise d’Aubigné, future Madame de Maintenon, y est baptisée en 1635.
Au XVIIIe siècle, l’édifice subit des modifications majeures : en 1770, l’orientation liturgique est inversée (maître-autel à l’ouest), et les portes latérales sont condamnées. La Révolution transforme l’église en temple décadaire, puis en entrepôt à grains (1793). Les tombes des Beaupéan-Parabère, familles nobles locales, sont démontées pour être préservées. Restituée au culte en 1797, l’église est classée monument historique en 1908, après l’effondrement partiel de sa nef en 1908, nécessitant des restaurations jusqu’en 1916.
Les XIXe et XXe siècles voient des ajouts architecturaux (chapelles ouest en 1883 et 1889, rose occidentale en 1850) et des restaurations, comme celle de la flèche du clocher en 1853. En 2001, l’orgue est replacé à l’ouest, rétablissant l’orientation d’origine. L’édifice conserve aujourd’hui des éléments remarquables : vitraux des ateliers Lobin, un chemin de croix sculpté (1880), et des retables peints par Bernard d’Agesci.
Avec une longueur de 55 mètres et une hauteur sous voûte de 18 mètres, Notre-Dame de Niort allie styles gothique et Renaissance. Son clocher, culminant à 75 mètres, domine le paysage urbain. Les vitraux, dont celui de l’Arbre de Jessé (remis au plomb en 1784), et l’orgue Daublaine-Callinet (1841) témoignent de son riche patrimoine artistique. L’église reste un lieu de mémoire, lié aux conflits religieux et à l’histoire locale, notamment à travers les tombes des gouverneurs Beaupéan-Parabère.