Frise chronologique
1177
Construction de la chapelle originelle
Construction de la chapelle originelle
1177 (≈ 1177)
Chapelle dédiée à Notre-Dame bâtie par Saint-Martin.
1247
Érection en paroisse
Érection en paroisse
1247 (≈ 1247)
Par l'archevêque Eudes Rigaud de Rouen.
1437
Destruction partielle par les Anglais
Destruction partielle par les Anglais
1437 (≈ 1437)
Reconstruction du chœur sous Jeanne de Navarre.
1589
Destruction de la basilique
Destruction de la basilique
1589 (≈ 1589)
Lors du siège de Pontoise (guerres de Religion).
1598-1600
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
1598-1600 (≈ 1599)
Dirigée par Nicolas Le Mercier, style Renaissance.
1638
Vœu contre la peste
Vœu contre la peste
1638 (≈ 1638)
Prière solennelle devant la Vierge à l'Enfant.
1843
Restauration intérieure
Restauration intérieure
1843 (≈ 1843)
Ajout de clés de voûte et refonte du décor.
1926
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1926 (≈ 1926)
Protection officielle de l'édifice.
2000-2010
Restauration extérieure
Restauration extérieure
2000-2010 (≈ 2005)
Programme pluriannuel de conservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame : inscription par arrêté du 16 juin 1926
Personnages clés
| Nicolas Le Mercier - Architecte |
Conçoit l'église actuelle après 1589. |
| Pierre Le Mercier - Maître-maçon |
Dirigea l'agrandissement de la basilique. |
| Saint Gauthier - Premier abbé de Pontoise |
Son tombeau du XIIIe siècle est conservé. |
| Eudes Rigaud - Archevêque de Rouen |
Érige la chapelle en paroisse en 1247. |
| Jeanne de Navarre - Protectrice |
Finance la reconstruction du chœur en 1437. |
| Anne d'Autriche - Pèlerine illustre |
Vénéra la Vierge de Pontoise au XVIIe siècle. |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Pontoise, située dans le Val-d'Oise en Île-de-France, remplace une basilique gothique rayonnante détruite en 1589 lors du siège de la ville. Cette basilique, l'une des plus vastes de France, abritait une Vierge à l'Enfant du XIIIe siècle, réputée miraculeuse, et le tombeau de saint Gauthier, premier abbé de Saint-Martin de Pontoise. Sa destruction pendant les guerres de Religion a conduit à la construction de l'édifice actuel, plus modeste, entre 1598 et 1600 sous la direction de Nicolas Le Mercier.
La basilique originelle, construite entre le XIIe et le XVIe siècle, était un chef-d'œuvre gothique de 130 mètres de long, doté d'une flèche de 55 mètres et de vitraux exceptionnels. Elle fut partiellement détruite en 1437 par les Anglais, puis reconstruite grâce à des fonds royaux. En 1589, lors du siège de Pontoise par Henri III et Henri IV, elle fut rasée, ne laissant que quelques vestiges comme la statue de la Vierge et des fragments de dalles funéraires. L'église actuelle, inscrite aux monuments historiques en 1926, conserve ces reliques et un mobilier riche, dont un buffet d'orgue baroque du XVIIe siècle.
La Vierge à l'Enfant, sculptée vers 1250, est le cœur spirituel du lieu. Placée à l'origine sur le trumeau du portail nord de la basilique, elle attirait des pèlerins, dont Anne d'Autriche et la ville de Paris, implorant sa protection contre la peste. En 1638, les habitants de Pontoise firent un vœu solennel devant elle pour échapper à une épidémie, promettant des offrandes annuelles encore honorées aujourd’hui. La chapelle qui l’abrite, construite en 1729, regorge d’ex-voto et de plaques commémoratives.
L’architecture de l’église actuelle, sobre et fonctionnelle, reflète les contraintes de sa construction rapide et économique. La nef, large et basse, est voûtée de bois, tandis que les bas-côtés présentent des voûtes de pierre. Le clocher, de style Renaissance, rappelle celui de l’église Saint-Sulpice de Chars. À l’intérieur, les grandes arcades en plein cintre et les pilastres doriques simplifiés contrastent avec le mobilier baroque, comme les stalles provenant de l’abbaye de Maubuisson ou l’orgue du XVIIe siècle.
Le tombeau de saint Gauthier, premier abbé de Pontoise canonisé en 1153, est un autre trésor de l’église. Ce gisant du XIIIe siècle, entouré d’angelots et de bas-reliefs représentant sa canonisation, fut sauvé de la destruction révolutionnaire par l’abbé Cordier en 1843. À proximité, des dalles funéraires fragmentaires, dont celle de Pierre Le Mercier, architecte de la basilique, rappellent l’histoire mouvementée du site. Les restaurations menées entre 2000 et 2010 ont redonné à l’édifice son éclat extérieur.
Classée monument historique en 1926, l’église Notre-Dame reste un lieu de dévotion et de mémoire. Ses vitraux, ses peintures murales du XIXe siècle et ses objets liturgiques classés, comme une chasuble du XVIe siècle ou une cloche flamande de 1660, témoignent de son riche passé. Malgré sa simplicité architecturale, elle incarne la résilience d’une communauté et la persistance d’un culte marial séculaire.