Frise chronologique
670-687
Premières mentions de Port-Bail
Premières mentions de Port-Bail
670-687 (≈ 679)
Chartes de l’abbaye de Saint-Wandrille
856
Destruction du monastère
Destruction du monastère
856 (≈ 856)
Par les Normands selon les chartes
1026
Restauration du monastère
Restauration du monastère
1026 (≈ 1026)
Donation mentionnant « Port Bahil »
1604
Acquisition par Jean Hellouin
Acquisition par Jean Hellouin
1604 (≈ 1604)
Charge de conseiller du Roi
1640
Anoblissement des Hellouin
Anoblissement des Hellouin
1640 (≈ 1640)
Patrons honoraires de l’église
1803
Fusion des paroisses
Fusion des paroisses
1803 (≈ 1803)
Portbail et Gouey unifiées
1909
Désacralisation
Désacralisation
1909 (≈ 1909)
Fin de son usage paroissial
10 juillet 1968
Classement monument historique
Classement monument historique
10 juillet 1968 (≈ 1968)
Protection par arrêté ministériel
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Notre-Dame (cad. K 338) : classement par arrêté du 10 juillet 1968
Personnages clés
| Anquetil de Claids - Seigneur local |
Donata l’église à l’abbaye de Lessay |
| Robert (fils d’Anquetil) - Co-donateur |
Associé à la donation du XIe siècle |
| Jean Hellouin - Conseiller du Roi |
Acheta le patronage en 1604 |
| Famille Hellouin - Patrons honoraires |
Anoblis en 1640, armes sur la litre |
| Jacques Poërier - Patron honoraire (1665) |
Héritier du patronage de l’église |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Portbail, située à Port-Bail-sur-Mer dans le département de la Manche, est un édifice roman du XIIe siècle, le plus ancien de la région. Désacralisée en 1909, elle servait autrefois de centre religieux pour un territoire mentionné dès 1026 comme « Port Bahil ». Son origine remonte à un monastère restauré en 1026, devenu prieuré bénédictin avant d’être abandonné au XIIIe siècle. L’église conserve des traces de son passé, comme un hypocauste romain du IIe siècle découvert sous la nef, révélant l’existence antérieure d’une villa gallo-romaine.
L’architecture de l’église mêle des éléments romans, dont une nef unique et des chapiteaux historiés, et des ajouts gothiques comme le clocher fortifié du XVe siècle, doté d’un chemin de ronde crénelé. Ce clocher, autrefois tour de guet, sert aujourd’hui de point d’amer pour les bateaux. L’édifice abrite aussi une charpente médiévale, des statues polychromes du XVIe siècle et une litre funéraire peinte aux armes de la famille Hellouin, patrons honoraires de l’église au XVIIe siècle.
Classée monument historique en 1968, l’église Notre-Dame est désormais un lieu d’expositions culturelles d’avril à septembre. Son histoire reflète les transformations religieuses et sociales de la Normandie, depuis son rôle de prieuré jusqu’à sa désacralisation, en passant par son adaptation à des usages défensifs et maritimes. Les fouilles et les chartes médiévales attestent de son importance dans la structuration du territoire local, marqué par la coexistence de deux paroisses jusqu’en 1803.
Le mobilier de l’église inclut des œuvres notables comme une Vierge à l’Enfant du XVIe siècle et une verrière moderne de Sylvie Gaudin. La chapelle Sainte-Barbe, base de la tour, et la chapelle seigneuriale Saint-Jacques, ajoutées aux XVe et XVIe siècles, illustrent les évolutions architecturales et les influences des familles locales, telles que les Hellouin, anoblis en 1640 pour leur patronage.
La localisation de l’église, au bord du havre de Portbail près d’un baptistère paléochrétien, souligne son ancrage dans un site occupé depuis l’Antiquité. Les vestiges romains et les modifications médiévales en font un témoignage rare de la continuité historique entre les époques gallo-romaine, romane et gothique en Normandie. Aujourd’hui, elle allie patrimoine religieux, architectural et maritime, tout en restant un symbole de l’histoire locale.
Les sources archéologiques et textuelles, comme les chartes de l’abbaye de Saint-Wandrille ou les travaux de Jean-Jacques Bertaux, confirment son statut d’édifice majeur du Cotentin. Son classement parmi les monuments historiques et son ouverture au public en font un lieu de mémoire et de culture, préservant près de deux millénaires d’histoire normande.