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Frise chronologique
1367
Première mention écrite
Première mention écrite
1367 (≈ 1367)
Document attestant l’existence de l’église.
1410
Début des travaux majeurs
Début des travaux majeurs
1410 (≈ 1410)
Voûtement de la nef par Ludeman Gilge.
1423–1435
Reconstruction du chœur
Reconstruction du chœur
1423–1435 (≈ 1429)
Abside nonagonale et inscriptions datées.
1693
Achèvement de la tour
Achèvement de la tour
1693 (≈ 1693)
Fin du chantier médiéval.
1827
Installation des sœurs franciscaines
Installation des sœurs franciscaines
1827 (≈ 1827)
Nouvelle vocation conventuelle.
1935
Classement monument historique
Classement monument historique
1935 (≈ 1935)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, Portail d'entrée du bâtiment la précédant t la croix de cimetière datant de 1442 : inscription par arrêté du 25 avril 1935
Personnages clés
| Ludeman Gilge - Maître d’œuvre et sculpteur |
A voûté la nef (1410) et reconstruit le chœur. |
| Abbé Grégoire - Abbé de Marmoutier |
Finança l’achèvement de la tour (1693). |
| Seigneurs d’Ochsenstein - Nobles locaux |
Armoiries sur la clef de voûte (vers 1420). |
Origine et histoire
L'église Notre-Dame de Reutenbourg, située au lieu-dit Reinacker près du village éponyme dans le Bas-Rhin, est mentionnée pour la première fois en 1367, bien que des éléments architecturaux suggèrent une origine antérieure, remontant à la fin du XIIIe siècle. Son chœur, reconstruit entre 1423 et 1435, porte des inscriptions attestant de cette période, tandis que la nef, voûtée à partir de 1410, fut l’œuvre du maître d’œuvre Ludeman Gilge, également administrateur du pèlerinage. Les travaux, financés par les fidèles, s’étalèrent sur plusieurs siècles, avec des interruptions fréquentes.
La tour de croisée, dernière grande étape de la reconstruction, ne fut achevée qu’en 1693, sous l’impulsion de l’abbé de Marmoutier Grégoire. Au XIXe siècle, l’église devint le siège des sœurs franciscaines de la Miséricorde (1827) et subit des modifications mineures, comme le remplacement du maître-autel en 1752 ou l’ajout d’une statue de la Vierge en 1827. Son architecture combine une nef en halle (trois vaisseaux d’égale hauteur) et un chœur à abside nonagonale, typologie rare en Alsace.
Classée monument historique en 1935, l’église conserve des traces de son passé médiéval, comme les marques de tâcherons sur les colonnes ou les armoiries des seigneurs d’Ochsenstein (vers 1420). Son portail occidental, orné d’une inscription datée de 1410, et ses fenêtres à réseaux décorés (lancettes, trilobes) illustrent l’influence de la cathédrale de Strasbourg. Le site, entouré d’un cimetière, reste lié à un pèlerinage autorisé dès 1813, malgré les bouleversements révolutionnaires.
L’édifice intègre aussi des éléments postérieurs, comme une tribune peinte (scènes de la Vie de la Vierge) ou des bâtiments conventuels ajoutés aux XIXe et XXe siècles. Les sources historiques, dont les travaux de Théodore Rieger ou Robert Metzger, soulignent son rôle spirituel et architectural dans la région, entre héritage gothique et adaptations modernes.